Kinshasa - RD Congo : 16 dcembre 2017.

vendredi, 03 février 2017 10:47

NATION. PROGRAMME CAFI. Sur les 200 millions Usd prévus, la Rdc reçoit à peine 40 millions de dollars

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L’annonce a été faite le mercredi 1er janvier dernier au cours d’une conférence de presse co-animée à Kinshasa par Irène Wabibwa Betoko et Raoul Mosembula, respectivement responsable de la campagne Forêt à Greenpeace Afrique et coordonnateur de Greenpeace/RDC. En fait, l’initiative pour les forêts de l’Afrique Centrale, CAFI, a octroyé près de 40 millions de dollars Usd au Gouvernement r-d Congolais pour la protection des forêts du bassin du Congo.

Sur les 200 millions prévus, la R-dC reçoit à peine 40 millions de dollar. Les deux défenseurs de l’environnement ont fait savoir que les 40 millions constituent la première tranche décaissée en octobre dernier, par un groupe  de bailleurs de fonds mené par la Norvège, soit un mois après la visite à Kinshasa de Vidar Helgesen, ministre norvégien du Climat et de l’environnement,

PROTEGER LA FORET

Pour éviter que cet argent change des objectifs fixés par les bailleurs de fond, le programme Cafi estime nécessaire d’examiner dans son ensemble tout le programme en la matière au regard des accusations qui concernent les violations du moratoire sur l’exploitation forestière, en vigueur depuis 2002.

En fait, la RDC, qui abrite 7 % des forêts tropicales du monde, devrait bénéficier du soutien financier de la Norvège pour mettre en œuvre une stratégie de développement durable.

Selon les termes de cet signé le 22 avril 2016 entre la R-dC et la Norvège, il était question de protéger 7 % des forêts tropicales. Soit 155 millions d’hectares, dans un pays de 70 millions d’habitants où la plus part s’adonne à la déforestation pour leur cuisson.

Les 200 millions de dollars octroyés par la Norvège, s’étale pour cinq ans.  Une somme qui ne représente rien par rapport à l’apport des forets de la R-dC, regrette un expert au ministère de l’Environnement. Pour rappel, les forêts du bassin du Congo constituent la deuxième plus vaste forêt tropicale de la planète après l’Amazonie. Comme qui dirait, elle joue un rôle vital dans le contrôle du changement climatique, car elle couvre 60% du territoire et stocke plus de 8 pour cent du carbone mondial, ce qui en fait le quatrième plus grand réservoir de carbone forestier du monde. 

Lors de son passage à Kinshasa, Vidar Helgesen, ministre du Climat et de l’Environnement norvégien laissait entendre que : « la déforestation dans le bassin du Congo est moins importante qu’en Amazonie ou en Asie du Sud-Est, mais elle s’accélère du jour au jour. Nous devons intervenir maintenant, même si c’est plus complexe qu’ailleurs. C’est notre responsabilité. La protection des forêts tropicales représente un quart de la solution dans le combat contre le changement climatique », martelait-il.

Avant de renchérir que la signature de cet accord était un signal positif de la part à d’un pays qui, depuis la conférence de Copenhague, en 2009, s’est engagé dans le laborieux processus REDD (réduction des émissions liées à la dégradation des forêts et à la déforestation), censé récompenser en monnaie sonnante et trébuchante les pays qui préservent leurs puits de carbone forestiers. Près de 25 millions de dollars ont été dépensés simplement pour évaluer le stock de carbone en jeu (27 milliards de tonnes), échafauder des scénarios mettant en scène l’impact d’une démographie galopante sur la consommation de terres, la poussée de l’agrobusiness dans le secteur de l’huile de palme, la multiplication des grandes concessions forestières, financer quelques projets pilotes et, finalement, élaborer un plan d’action aux standards exigés par la Convention des Nations unies sur le climat.

L’accord qui avait été signé dans le cadre de l’initiative pour les forêts d’Afrique centrale qui est un partenariat regroupant six pays de la région (Congo, RDC, Gabon, Centrafrique, Cameroun, Guinée-Equatoriale) et une coalition de bailleurs (Norvège, Allemagne, France, Royaume-Uni, Union européenne), soutenait la stratégie nationale de lutte contre la déforestation officiellement adoptée en 2012.

« Cet accord va nous permettre d’engager des réformes clés sur l’utilisation de terres et le droit foncier, puis d’agir sur tous les moteurs de la déforestation », expliquait en son temps Victor Kabengele, coordinateur national, qui donnait pour exemple le projet d’orienter les grands investissements agricoles sur les 8 millions d’hectares de savane abandonnés plutôt que dans les zones forestières.  Ou encore de proposer aux ménages urbains des foyers améliorés fonctionnant au gaz pour réduire la consommation de charbon de bois qui, avec l’agriculture sur brûlis, est la principale cause du recul du couvert forestier.

Si la première tranche d’argent promise par la Norvège vient d’être octroyée, la seconde sera octroyé en 2018, apprend-t-on de l’initiative pour les forêts de l’Afrique Centrale, CAFI.  Cette somme sera soumise à l’évaluation des résultats avant d’être versé dans un fonds national et le Programme des nations unies pour le développement, PNUD, qui a accompagné le Gouvernement congolais au cours de toutes ces années de préparation, en sera l’administrateur. «Il faut que nos contribuables soient sûrs que leur argent est bien investi si nous voulons aller plus loin avec la R-dCongo, nous devons montrer que cet argent va servir à développer ce pays, à créer des emplois tout en préservant l’environnement», le ministre norvégien lors de sa visite à Kinshasa.

MAUVAISE REPUTATION

Pour arriver jusqu’au bout, la R-dC devrait rompre avec sa mauvaise réputation qui lui colle à la peau depuis des années de la part des organisations écologistes des campagnes dénonçant l’ampleur d’une exploitation illégale pratiquée sous le regard consentant de l’administration forestière. « Près de 90% de l’exploitation forestière en RDC est à petite échelle, illégale ou informelle. La récolte de bois réelle est actuellement environ huit fois la récolte officielle, écrivait en 2014 Sam Lawson, dans une étude de Chatham House. Le Gouvernement n’a apporté qu’une piètre réponse au problème de l’exploitation illégale des forêts, traduisant le faible niveau de gouvernance du pays».

Thèse que ne soutiennent pas certains experts en environnement : «Notre droit foncier reconnaît les droits des communautés locales et autochtones. La RDC défend le principe du consentement libre et préalable [principe imposé par les Nations unies] qui doit précéder toute transaction foncière», laissait entendre Victor Kabengele, avant de parler époque révolue.

C’est vrai que pour protéger sa forêt, la R-dC aura bien sur besoin de 200 millions de dollars mais en réalité on parle de 1,1 milliard de dollars. Mais il n’est plus question des 3 milliards de dollars par an — autant que le budget national de l’époque — que sollicitait le ministre de l’environnement, José Endundo, à la veille de la conférence de Copenhague pour «compenser les populations qui vivent de la forêt et à qui on ne peut demander de ne pas couper les arbres sans leur offrir quelque chose». C’était au temps où certains pays forestiers croyaient pouvoir rêver d’une nouvelle rente alimentée par le marché du carbone. La réalité a montré que l’argent ne pousse pas si facilement sur les arbres.

Pour rappel, en juillet dernier, Greenpeace Afrique avait appelé à l’annulation de trois titres forestiers accordés illégalement en 2015, à la Société la millénaire forestière (SOMIFOR) et à la Société forestière pour le développement du Congo (FODECO). En août 2016, Augustin Matata Ponyo, alors Premier ministre, avait donné instruction au ministre de tutelle d’annuler les trois titres, ont rappelé les défenseurs de l’environnement.

Rodriguez Kikamba

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