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mercredi, 08 février 2017 09:43

ESU. Interdiction de vente de syllabus par le ministre Steve Mbikayi, une velléité ? *« Partout, ces notes de cours se vendent comme des petits pains »

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Sans suivi de cette mesure pour son application sur terrain, au lendemain de sa publication, peut-être ce nouveau ministre à l’enseignement supérieur et universitaire sera-t-il le tout premier dont on observe sa décision. D’ailleurs nombreux sont ceux qui pensent que c’était pour aduler les pauvres étudiants qu’il s’est précipité en décrétant une telle mesure. Si le ministre est d’un avis contraire, qu’il mène des enquêtes qui prouvent que ces syllabus ne sont plus vendus. Preuve du respect de sa mesure par les intéressés, que sont les professeurs et les étudiants.

Et pourtant, c’est un ouf de soulagement pour les étudiants des universités et instituts supérieurs congolais. Suite à la mesure interdisant la vente des syllabus par les professeurs ; décision prise par le ministre de l’enseignement supérieur et universitaire, Steve Mbikayi. Pour le professeur Jacky Mpungu Mulenda, cette mesure est la bienvenue parce qu’elle permettra aux étudiants d’aller lire les livres, dans lesquels les enseignements sont tirés.

Balex est en L1 Gestion des Ressources Humaines, il donne sa réaction : « « La mesure n’est pas bonne, vu le temps qu’on donne à un professeur pour dispenser le cours. Il a par exemple 45 heures pour un cours qui comporte autant de chapitres ; s’il commence à dicter son cours, dans 45 heures tout ne sera pas donné. Il faut qu’on revoie. On peut même fixer un montant. L’Etat peut même fixer un prix. Là, je donne par exemple 5 dollars. Et l’autre partie de l’Etat peut l’annexer au payement des enseignants ».

Ça vous permet d’aller consulter les livres non ?  Il vous dira, par exemple telles matières, lisez tels livres ; il ne se limite qu’aux explications au lieu de dicter.

Je ne refuse pas l’idée de lire les livres. Nous avons combien de bibliothèques et pour combien d’étudiants ? Je ne vois pas une bibliothèque, ici au Katanga, qui contienne cent étudiants, par jour à la même heure.

Donc je soutiens que l’Etat fixe un prix plafond pour le syllabus et ne pas laisser la liberté aux professeurs. Parce que celui-ci peut imposer 50dollars, l’autre 45. Et pour ce qui est des bibliothèques, à l’Université Liberté (ex Upl), il est formellement interdit aux étudiants de premier et deuxième graduat d’y accéder. Les raisons sont ignorées de tous.

A la faculté des lettres de l’Université de Lubumbashi, pendant que le Prof Mukamba Longesha n’est pas informé de cette décision du ministre, son collègue Kabeya Mukamba parle de la réglementation déjà instaurée : «Cette fois-ci on dépose au décanat ; c’est le décanat qui se charge de la vente des syllabus. Je crois que c’est très important, pour l’encadrement des étudiants. Maintenant, pour éviter qu’il y ait ce mercantilisme entre étudiant et professeur, nous aurons une librairie facultaire. Si quelqu’un a les syllabus ; il va les déposer, il discute le prix avec le décanat ».  

Christian Kunda est Secrétaire Général Administratif et même chef du département des Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université de Lubumbashi, il encourage la mesure et dit que l’Unilu avait déjà pensé à ça : « A propos des syllabus, nous appuyons notre ministre de tutelle qui veut réglementer ce secteur-là, parce qu’il y avait beaucoup d’abus. Je crois que c’est une bonne chose qu’on soit fixé entre enseignants et étudiants ; pour tel nombre des pages on peut proposer aux étudiants jusqu’à tel niveau. C’est bien encadré désormais. Il faut déposer au département qui doit vérifier les contenus.  Donc, c’est une chose qui arrive à point nommé. L’idée que l’université de Lubumbashi a soutenu depuis quatre à cinq ans. Parce qu’on avait interdit tous ces syllabus qui dépassaient 50 dollars. On avait déjà demandé que les enseignants déposent leurs syllabus au département pour que le contenu soit validé par d’autres collègues. Il ne suffit pas de se réveiller soi-même en disant : Voici ce que je fais directement. non ! On doit valider la connaissance produite ».

Dans les institutions visitées, à l’Institut Supérieur d’Etudes Sociales, les étudiants sont sommés de payer 10.000 francs au lieu de 10 dollars. Une décision prise par les autorités de cet Institut. Certains des étudiants ne savent même pas de l’existence de cette mesure. Les chefs de promotions, vendeurs pour le compte des professeurs, continuent à faire bonne affaire. Par peur, les étudiants ne savent pas à quel saint se vouer. « Le prof a dit qu’une fois qu’on ait acheté le syllabus, il se souviendra de nous dans le royaume de son père », lâche une étudiante de troisième graduat de l’Ises. Les étudiants du prof Mulumbati Ngasha, qui dispense l’Introduction à la Science Politique sont, quant à eux, conditionnés d’acheter le livre ; c’est une voie ouverte à la réussite. A-t-on appris d’un étudiant en droit.

Sur terrain, cette décision est loin d’être appliquée. Les notes de cours se vendent comme des petits pains ; à ce jour, les producteurs et les vendeurs deviennent de plus en plus rigoureux. Pas d’achat, pas de participation aux épreuves ; donc pas de réussite. Les étudiants sont contraints d’acheter ce document, vu les stratégies prises par les enseignants. Si certains des enseignants annexent une feuille d’interrogation ou du travail pratique dans ces notes de cours, les autres n’attendent que le jour de l’épreuve pour sceller les copies de ceux qui ont acheté le document. La décision de Steve Mbikayi, ministre de l’Esu, une velléité ? Répondra qui pourra.

JMK

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