Kinshasa - RD Congo : 24 juin 2017.

mercredi, 08 février 2017 09:44

JUSTICE. Moïse Katumbi et François Fillon : deux profils, un même sort ?

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Dans notre dernière livraison, nous avons esquissé quelques mots sur ce que, désormais, le commun des mortels s’est convenu d’appeler « Fillongate », en lien avec les emplois fictifs dont est reproché l’ancien premier ministre français et l’actuel candidat de la droite à la présidentielle prochaine. Là, je me suis interrogé s’il n’y avait pas de droits de l’homme en France. D’autant plus que, si ce même dossier concernait un Africain, ou un Congolais, comment ces organisations soi-disant de défense de droits de l’homme s’agiteraient comme des diablotins dans le bénitier, en remuant ciel et terre, pour crier au harcèlement. Je repose la même question : François Fillon est-il harcelé ou plutôt la justice de son pays est-elle en droit de faire ces investigations ? Mais une autre petite question : Qu’en pensent les Ong de défense des droits de l’homme ? Et enfin, dites-nous sincèrement si l’on ne peut parler de harcèlement ou d’acharnement que lorsqu’il s’agit d’un Congolais, parce qu’il est candidat à un tel ou tel autre mandat, même au cas où il aurait des démêlés avec des tierces personnes par le biais de la justice ? Le cas de Moïse Katumbi n’est plus que locuteur.

Peut-être faudrait-il rappeler le destin qui unit les deux curieux personnages qui fondent l’objet de notre réflexion. Moïse Katumbi et François Fillon sont tous deux candidats à la présidentielle, non pas toutefois dans un même pays. Le premier cité est candidat à la présidentielle en République Démocratique du Congo, tandis que le second se battra pour le compte de la droite en France. Mais curieusement, tous les deux se débattent contre les éclaboussures avérées qui risquent de compromettre gravement leur avenir politique. Comment se sortiraient-ils indemnes des loquets de la justice placés dangereusement sur eux ? Evidemment, s’ils se sortaient, l’un et l’autre, de ces mailles trop resserrées du filet, ils auront davantage du toupet pour revenir chanter au public des chants de la sainteté. En apparence ces deux personnages s’affichent d’un air angélique. C’est le message d’adulation faussement véhiculé auprès de leur masse respective. Les masses, ils en ont. Mais il faut se méfier de ces vaines gloires maquillées de mensonge, de duperie et d’une malhonnêteté subtile.

Dans l’ex-province du Katanga, allez-y inspecter l’héritage légué par celui que les gens naïfs qualifiaient de « Moïse de la Bible ». Tout s’est déjà lézardé ; exception faite de l’équipe de Mazembe, pour laquelle une certaine masse sans cœur voudraient lui attribuer la paternité comme le serait un bien privé. Pour ceux qui ne le savent pas, le TP Mazembe n’a pas été créé par Moïse. D’ailleurs ce club est vieux et plus âgé que lui. Il l’a trouvé et il le laissera. Mazembe est un patrimoine commun. Plus tard, vous ne seriez pas surpris d’avoir à la tête de cette équipe de football un dirigeant expatrié. Le football étant devenu du business très rapporteur, il n’est donc pas exclu de voir l’équipe s’offrir les bons offices d’un manager aussi coriace que notre bonhomme. Certes en matière de gouvernance de ce club, nous devons à l’honnêteté de reconnaître que Moïse Katumbi a réussi le pari en hissant Mazembe aux faîtes. 

Moïse Katumbi, le maillot jaune des élections provinciales de 2006 au Katanga et président d’un grand club de football, le TP Mazembe de Lubumbashi (déjà triple champion en ligue des champions d’Afrique, et champion de la Caf 2, sous la direction de ce dernier) ; l’enfant terrible de Kashobwe, disions-nous, a un dossier judiciaire qui l’oppose à un citoyen grec. Stoupis, parce que c’est de lui qu’il s’agit, s’est pourvu en justice pour accuser Moïse Katumbi de spoliation de son immeuble sis avenue Mahenge dans la commune de Kampemba, à Lubumbashi. Certes Stoupis a attendu le moment favorable pour monter au créneau. A vrai dire, ça aurait été de la peine perdue si le plaignant osait le faire pendant que Moïse, le tout-puissant, régnait encore en maître absolu sur le Katanga. Qui aurait pu prêter l’oreille aux jérémiades de Stoupis ? Quand on se bat contre un plus fort que soi, l’on est perdant, sans autre forme de procès. En clair, s’engager dans une procédure judiciaire avec une autorité provinciale encore en fonction – et de surcroît - aveuglement idolâtrée et de la trempe de Moïse, même si l’on est Blanc ayant pour nom Stoupis ; ce serait demander à la grenouille de se faire aussi grosse que le bœuf.

Parce qu’il s’agissait de Moïse, compromis dans un dossier de recrutement de mercenaires (ce dont les preuves sont flagrantes selon les enquêtes judiciaires), et ensuite ce dernier ennui ayant pour partie civile le Grec Stoupis ; l’argent de l’accusé a semé la confusion dans les milieux de la justice même. Le juge – au fait une femme – en charge du dossier a disparu dans la nature, pour se livrer à des déclarations très désobligeantes sur les médias à l’endroit du régime et du système judiciaire de la République Démocratique. Il y a traitrise, pour un magistrat d’une telle pacotille ! Des huissiers qui avaient soustrait ce dossier scabreux se seraient aussi évaporés dans la nature, grâce toujours aux billets verts impropres, pour ne pas dire sales.

Toute cette horde d’exilés opportunistes n’attendrait que l’avènement de Moïse Katumbi, comme président de la Rdc, pour faire leur retour au pays. Katumbi Chapwe, par-delà ses prouesses démontrées en football, où il a réussi le pari avec son club du TP Mazembe, est justement bon, que dis-je, meilleur pour le sport. S’il pouvait se contenter de ce qui lui convient.

Tellement devenu orgueilleux, à cause de sa fortune, Moïse ne réunit pas ce contour, cette carrure, bref ce profil d’un président de la République. Ce serait un recul de plusieurs années en arrière, pour un pays qui requiert de la maturité et de l’intelligence comme ce grand Congo. Car ce serait une injure que de doter du pays d’un président champion en corruption. Et que serait la nation toute entière ? Une nation des corrupteurs et des corrompus.

A l’annonce du procès de Moïse, ceux qui bouffent son argent de sa corruption ont crié en s’agitant sur tous les toits. Du nombre desquels, ces fameuses Ong soi-disant de défense de droits de l’homme. Pour les défenseurs des droits de « l’homme Moïse », il s’agissait de l’acharnement, de harcèlement, monté de toutes pièces pour empêcher le maillot jaune des députés de 2006, de se porter candidat à la prochaine présidentielle en République Démocratique du Congo. Quelles turpitudes ! Ce que d’aucuns ignorent, c’est l’argent qui fait la force de cet homme. Et son argent le lave de tout soupçon auprès de ces masses populaires, qui voient en Moïse plus qu’un ange. Ces fanatiques sont prêts à tout réduire en cendre ou en poussière ; tout ce qui serait contraire à la volonté du chairman. Soyons sérieux. Les gens devraient avoir un esprit critique devant certaines réalités et vérités souvent étouffées, comme ce fameux procès qui l’oppose à Stoupis. A vrai dire, si Stoupis n’avait pu ester en justice personne ne n’aurait su que l’ex-gouverneur du Katanga était auteur d’un tel préjudice causé au sujet ou citoyen grec.

Les deux destins, Moïse et Fillon, se ressemblent curieusement du fait, pour eux, d’avoir abusé de leur pouvoir pour léser le code de probité morale. Quand Fillon utilisait l’argent du trésor public en France pour payer ses proches comme étant employés par les institutions du pays, Moïse spoliait le bien domanial d’autrui sous le couvert de son veto de gouverneur. Mais la vérité étant têtu, l’un comme l’autre ont été attrapés par le sort. Si bien que ce sort devient pratiquement le même, surtout en ce qu’ils sont devant les juges pour les entendre. Curieusement, lors de la campagne pour la candidature de la droite à l’élection primaire, François Fillon était présenté est défendu comme l’un des hommes politiques de son pays les plus honnêtes de son époque. Mais aujourd’hui, il suffisait seulement que ces révélations du Canard Enchaîné, qui ont eu un impact d’une bombe, viennent volatiliser la probité présumée de Fillon comme un château de cartes. Entre elle et son épouse s’est creusé un abîme de contradictions. Pénelope Fillon (du nom de l’épouse du candidat de la droite à la présidentielle prochaine) se méconnaît avoir été assistante du remplaçant de son mari à l’assemblée nationale. Ce qui est tout à fait en contradiction flagrante avec les déclarations antérieures de Fillon au sujet de ces emplois fictifs, dont ceux de ses enfants, Mari et Charles. Ces derniers étaient présentés par leur père comme étant avocats, alors qu’ils ne l’étaient pas encore, pendant qu’ils émargeaient au budget de l’assemblée nationale. A beau mentir, qui vient de loin, dit-on. Les membres de la famille Fillon se seraient servis dans les fonds du trésor public à hauteurs de plusieurs milliers d’euros.

Mais la seule différence qui existe entre les deux personnages, c’est qu’il s’agit, dans le cas de Moïse Katumbi, d’un cas d’une plainte dont la flagrance des preuves est aussi éclatante comme les rayons solaires.

La maison ou la parcelle à l’origine de la plainte de Stoupis est très bien identifiée. Car même si l’on pouvait modifier la parcelle en la métamorphosant par de nouvelles constructions, mais géographiquement, le terrain ne peut pas se déplacer. Il est là, sur l’avenue Mahenge à Lubumbashi. Tandis que pour Fillon, il faut fouiller dans les archives budgétaires, avec l’apport des cours de compte et des audits que l’on devrait diligenter pour le besoin de la cause.

Une autre différence, c’est qu’en ce qui concerne François Fillon, contrairement à Moïse Katumbi, il n’y a pas eu d’expressions comme « acharnement, harcèlement, machination, etc. », pour tenter de barrer la route à sa candidature à la présidentielle. Les défenseurs de droits de l’homme ne se sont pas agités…Ah, bon, ils ne s’agitent que lorsqu’il s’agit d’un opposant au régime congolais. Pourquoi cette défense de droits à deux vitesses ?

Finalement Fillon a été poussé à battre son mea culpa. Peut-être cela lui vaudra-t-il des excuses de la part de la nation française, qu’il a dupée. Oui, dupé, tout le peuple a cru en Fillon jusqu’à ce que éclatent ces scandales…dans les médias.

LND

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