Kinshasa - RD Congo : 23 mai 2017.

mercredi, 01 mars 2017 10:37

NATION. REFECTION DES ROUTES. Les besoins explosent face aux moyens limités de l’hôtel de ville

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On ne doit pas se le cacher : le Gouverneur de la ville de Kinshasa est débordé par les besoins en infrastructures de qualité dans la capitale. Nids de poule, « lacs », érosions, inondation, banditisme, embouteillages… Bref, la ville semble non gouvernée alors qu’à tous les niveaux, elle dispose des hommes et des femmes qualifiés et expérimentés pour rendre le séjour des Congolais et des étrangers agréable dans l’une des capitales la plus grande et peuplée d’Afrique.

A la vérité, Kinshasa souffre non seulement d’un problème de leadership mais surtout de moyens financiers. Il faut des milliards de dollars pour panser les plaies béantes de la ville qui perd, chaque jour qui passe, de sa superbe. Une équation que ni le Gouverneur ni les Bourgmestres qui l’assistent ne semble résoudre. N’en parlons même pas de ses ministres provinciaux ou des députés provinciaux impopulaires et invisibles car coupés de la base. Habiteraient-ils les quartiers de Kinshasa, les visitent-ils, aident-ils réellement le Gouverneur dans sa lourde tâche de gérer cette mégalopole ?

DESORDRE AMBIANT

A la place, l’on entend plus parler des responsables de la Police qui élèvent, de temps en temps, le ton face au désordre ambiant dans la ville, animé par les usagers de la route devenus les maîtres du jeu dans la capitale.

Chauffeurs de bus, de taxi-bus, de taxis, motocyclistes font la loi à leur manière au point d’occuper la Une de l’actualité avec des feux rouges violés, des embouteillages, des demi-terrains, des bus surchargés, des carrefours franchis à la sauvette… Bref, c’est l’image du Kinois d’aujourd’hui qui ne respecte pas le savoir vivre et se comporte comme dans une jungle au grand dam des populations et des étrangers.

Certes, la responsabilité de ce désordre organisé et entretenu repose sur les épaules des autorités de la ville mais la question à l’heure actuelle les dépasse. Elle ne nécessite pas la tenue de nouveaux Etats-généraux sans effet sur le terrain mais bien une nouvelle vision et un courage politique pour remobiliser les Kinois autour d’un idéal digne de la capitale congolaise.

ILLUSION

N’en déplaise à ceux qui croient que les caisses publiques sont constamment remplies d’argent qui vont dans les poches des gestionnaires. Mais, la réalité est toute autre quand on pense que les Congolais n’honorent pas de nombreux impôts et taxes du fait du déficit de sensibilisation ou par simple incivisme non réprimé.

En effet, avec une population active d’à peine 2% contre 98% qui vivent aux mamelles des autres ou dans l’informel, on peut comprendre que la ville ne se hasarde pas dans une politique de grands travaux ni ne tienne pas à toutes ses promesses, qui dépendent des recettes qu’elle réalise mais aussi de la rétrocession.

En plus de la population active, il faut reconnaître que le nombre d’entreprises assujetties a périclité depuis les années 1991 marquées par les pillages qui ont emporté plus de 5.000 entreprises privées. Avec une ardoise de moins de 600 entreprises sur les 6000 de l’époque, on comprend que les besoins soient insatisfaits alors que la ville grandit de manière non maîtrisée par le fait de l’exode rural, des guerres à l’intérieur du pays et du chômage des jeunes.

CROISSANCE DESORDONNEE

Cette croissance désordonnée a malheureusement des conséquences graves sur la gestion de la ville étant donné que les infrastructures en place datant de l’époque coloniale sont surexploitées.

D’une ville de 500.000 personnes en 1960, Kinshasa est passée à 10 millions d’habitants en 60 ans alors que ses infrastructures d’accueil peinent à être modernisées.

L’autre source des recettes pour la ville, ce sont les aéroports, ports, parkings et marchés. Là aussi la gestion des recettes laisse à désirer tant leur traçabilité tient au bon vouloir des comptables publics. A cela, il faut ajouter les tracasseries et les réseaux de maffia tissés dans ces lieux publics qui ont la peau dure malgré les dispositions légales régulièrement rappelées mais foulées aux pieds des potentats installés dans ces lieux publics.

VISION

Mais au-delà de toutes les sources de recettes formelles et informelles de la ville, il y a réellement un problème de vision car la ville ayant débordé de son cadre initial, l’autorité urbaine devrait entrevoir la réinvention de la capitale qui passe par la création d’une cité secondaire dans les contours de la Zone économique spéciale de Maluku. Surtout que l’avenir économique de la ville de Kinshasa est intimement lié à la zone économique spéciale en relation directe avec le Congo Brazzaville avec son port international de Pointe Noire.

Cette cité qui peut être construite sur le plateau de Bateke aura une vocation moderne et technologique à même de créer des milliers d’emplois, d’attirer les investisseurs intéressés par les dispositions favorables de zone en préparation avec le concours financier de la banque mondiale et d’autres partenaires économiques. Faut-il pour cela attendre ou anticiper en pensant à la nouvelle ville de Kinshasa ? Car diriger, c’est prévoir.

Des pays comme le Sénégal, la Tunisie, l’Egypte se sont engagés dans ces chantiers qui permettent de désengorger les villes et de leur accorder une seconde vision plus réaliste et efficace car à même d’améliorer les conditions de vie des populations et de travail des entrepreneurs. Après plus de dix ans à la tête de la ville de Kinshasa, les populations se souviendront encore longtemps du gouverneur André Kimbuta s’il entrevoit de commencer le chantier de la nouvelle capitale de la RDC. Car à moins d’un miracle, l’Hôtel de ville semble se noyer avec une ville aux besoins incommensurables alors que l’unique solution pour sauver cette mégalopole de ses dérives est de bâtir une nouvelle capitale.

PECHE MIGNON

En effet, le péché mignon des dirigeants africains est de manquer de vision à même d’attirer des investisseurs internationaux.

Et même quand ils en disposent une, ils tiennent à en bénéficier de manière instantanée négociant des commissions à gauche, privilégiant le favoritisme à droite sans préoccupation de ce qu’en dira la postérité. S’il fallait négocier ainsi, Patrice Emery Lumumba aurait négocié sa vie avec les Belges, Laurent-Désiré Kabila avec les Américains, ainsi de suite. Mais, ils ont semé leur sang pour la postérité et la nation les célèbre comme des héros nationaux.

L’intérêt individuel à travers de belles voitures, des villas, mais on ne peut être une excellence pour courir toute sa vie derrière ces biens matériels alors que ses citoyens vivent sous une menace permanente. Et quand la ville s’écroule, les sages doivent se réunir et interroger la nature car dans l’état où Kinshasa se trouve actuellement même les enfants de la maternelle peuvent vous interpeller avec les coupures intempestives d’électricité, des inondations, des routes remplies d’eau, des « kulunas » qui terrorisent les populations… La réflexion fait grandir mais le laxisme tue quand bien même on se sentirait dans une sécurité illusoire.

MISSION

Ce n’est donc pas par plaisir qu’on élit le Gouverneur ni les Bourgmestres. C’est pour un mandat avec un cahier de charges bien précis, sinon le contrat n’aurait aucun contenu. Il ne s’agit pas seulement de célébrer des mariages ou d’attendre les recettes des marchés et des parkings… mais d’impulser le développement des entités décentralisées en s’inspirant des expériences réussies d’autres communes et villes.

Nos autorités voyagent à travers le monde, elles font même des jumelages dont l’impact sur le terrain est nul, pourquoi font-elles semblant quand elles reviennent au pays, pourquoi ne suivent-elles pas l’expérience réussie (success story) des autres, pourquoi nos provinces sont-elles arriérées à ce point alors que les meilleurs de leurs enfants se pavanent en ville ?

 A quoi servent les responsables des entités décentralisées si elles ne parviennent pas à organiser ne fut-ce que le cantonnage manuel, occuper tous les jeunes gens qui se transforment en bandits suite au chômage et aux mauvaises conditions de vie dans les familles.

A Kinshasa, on voit des routes se détruire, devenir des cratères, se modéliser sans qu’aucune pioche n’y passe et quand il y a une pluie, c’est un lac qui voit le jour. Quelle irresponsabilité alors qu’il existe des chefs de quartier, des Bourgmestres, des Gouverneurs… Que des titres pour des résultats au rabais.

 Ce dont la population a besoin, c’est une nouvelle vision et savoir frapper à des bonnes portes pour trouver des solutions. Car, au Congo, il n’y a pas que de gens qui monnayent les travaux publics, il y en a aussi qui les boostent et les amènent à la réalisation. C’est vers cette population aux vertus rares qu’il faut s’orienter sinon une pluie de trois jours suffira pour que les communes disparaissent à Kinshasa car l’on a négligé d’entendre le son de la trompette.

A quoi sert le mandat public si l’on ne sait plus rendre des services aux populations ?

LVM

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