Kinshasa - RD Congo : 19 octobre 2017.

mardi, 07 mars 2017 10:02

POLITIQUE. Rassemblement : une main noire manipule les opposants

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Tragique feuilleton que celui que vivent actuellement les héritiers politiques d’Etienne Tshisekedi envahis par des loups garous. Plus d’un mois après sa disparition, la situation dans sa famille politique va de Charybde en Scylla. Cible de toutes les flèches empoisonnées de leurs adversaires, le bateau est sur le point de chavirer alors qu’il approche du port convoité, confirmant le proverbe congolais qui dit qu’un « bateau peut couler même au port ». Et cela après d’âpres négociations au Centre Interdiocésain en face d’une Majorité présidentielle indécrottable avec Lambert Mende et Adolphe Lumanu à la pointe.

Sans porter les gants, la main noire qui veut régenter le Rassemblement vient de précipiter son implosion. Avec trois ailes et des sous-ailes au Gouvernement, cette plateforme ressemble désormais à un monstre à plusieurs têtes qui bloque la normalisation de la situation sur la scène politique.

COURANTS CENTRIFUGES

Après avoir pointé du doigt la Majorité présidentielle traversée par des courants centrifuges qui ont eu le bonheur de souder ses rangs autour de son autorité morale qui est le Chef de l’Etat, l’Opposition orpheline après la disparition de son lider maximo prend eau de toutes parts. Le défaut de trouver un aggiornamento sur la gestion de l’après-Etienne Tshisekedi semble avoir sonné le glas de cette famille politique.

Légalistes, les radicaux se battent chacun pour un ordre disctinct : les uns défendent l’ordre de Genval laissé par Etienne Tshisekedi avec un Président unique. En face, les Katumbistes ont réussi à modifier les textes de Genval pour consacrer deux Présidents plénipotentiaires : l’un à la Direction politique et l’autre au Conseil des sages. Un pouvoir bipolaire qui, dans le fonds, satisfait l’Udps mais répond aux ambitions du G7 d’avoir la main mise sur la direction de l’Opposition.

Mais, au-delà des textes fondateurs du Rassemblement, les analystes évoquent les enjeux liés à la gestion d’importantes ressources financières que les uns et les autres souhaiteraient exploiter dans le cadre des prochaines élections. A la vérité, les opposants ne misent pas sur les caisses vides de l’Etat pour renflouer leurs poches et préparer des campagnes à l’américaine. Plutôt, ils misent sur leur fidélité aux sponsors attitrés de leurs actions depuis quelques mois. Ces sponsors se recrutent essentiellement au sein du clan Soriano. L’homme d’affaires Raphael Katebe et son frère, le président du Tout-Puissant Mazembe, Moise Katumbi, font baver les opposants qui ne se font pas prier pour pencher d’un côté ou l’autre de la balance à la quête du parapluie financier.

ALLIANCE STRATEGIQUE

Candidat affiché à la présidentielle de décembre 2017, l’ancien gouverneur du Katanga a conclu une alliance stratégique avec la famille Tshisekedi dont les clauses offrent la Primature à l’Udps sous la transition pour préparer le lit de Moise Katumbi à la présidentielle où il entend rendre la monnaie à ses adversaires de la Majorité présidentielle.

Mais, entre deux scènes, le Rassemblement doit s’adapter au contexte de l’après maquis qui veut qu’il co-gère la transition avec la Majorité pour veiller au grain aux opérations électorales et surtout redresser un tant soit peu la situation sociale délétère de la population confrontée à la crise économique mondiale.

De son côté, Raphael Katebe, fort de ses relations avec son défunt ami Etienne Tshisekedi, se sent comme investi d’une mission sacrée de perpétuer à sa manière l’œuvre de son partenaire. C’est ainsi qu’il a pris son bâton de pèlerin pour prêcher dans un désert où personne à l’Opposition aile katumbiste ne veut lui accorder la moindre attention car capable de troubler leurs calculs.

Mais au-delà de ses milliards de dollars qu’il investit allègrement en Angola et ailleurs, le richissime homme d’affaires katangais semble mordu par la soif de s’exprimer sur la scène politique cloisonnée par la droite et la gauche congolaise. Va-t-il finalement le faire en indépendant ou attendre les futures élections pour contrecarrer les ambitions de son jeune frère ?

MANIPULATION DE L’INTERIEUR

Contrairement à l’époque du maréchal Mobutu et à l’après Mzee Kabila avec l’influence des pays limitrophes, le Rassemblement est manipulé de l’intérieur par ses propres membres qui misent sur leur puissance financière pour arracher des parcelles de pouvoir. La pauvreté des leaders politiques aidant et l’absence d’idéologie forte au sein de leurs partis expliquent bien cela. Les partis sont gérés comme des boutiques ou des affaires de familles laissant la latitude au président de monnayer ses prises de position et déclarations sans être repris par son directoire, s’il en existe.

Sous la Deuxième République, il était facile de créer ce qu’on appelle « les partis alimentaires » pour le besoin de la cause.

Ces partis trouble-fêtes servaient de manèges au pouvoir en place pour former de fausses majorités au Parlement, organiser des marches, des meetings avec des militants soudoyés pour offrir le spectacle devant les caméras. Les Soriano ont compris la leçon et l’appliquent au profit de leur influence sur la scène politique manipulable à souhait. Même Vital Kamerhe, qui s’est rapproché utilement de Moise Katumbi, a fini par lâcher prise quand l’ancien gouverneur s’est rallié au clan Tshisekedi, qui l’a facilement adopté coupant ainsi l’herbe aux pieds du président de l’UNC. Le gâteau en valait la chandelle.

Ce dernier, voyant venir le vent de Genval a décidé de traverser la rue pour prêter main forte à Edem Kodjo pour organiser les travaux de la Cité de l’Union africaine avec au finish l’accord du 18 octobre 2016, complété par celui de la Saint Sylvestre du 31 décembre 2016.

Ce comportement de trahison et reniement semble avoir la peau dure au sein du Rassemblement malgré la discipline et le sens d’abnégation du lider maximo. Ses héritiers politiques, qu’on accusait déjà d’accointances dangereuses avec les milieux friqués du pouvoir, semblent confirmer ces soupçons.

Dans cette plateforme, les dessous des tables circulaient déjà du vivant d’Etienne Tshisekedi mais son aura couvrait les péchés mignons de ses proches. Maintenant que son ombre a disparu, le bal des chauves touche vers sa fin, car l’on sait qui est qui et qui a mangé quoi. Bruno Mavungu, ancien secrétaire général de l’Udps, l’avait prédit : « L’argent d’autrui parlera ».

En effet, il a fallu attendre la mort brusque du sphinx pour que les radicaux descendent sur terre et commencent à analyser objectivement leurs relations politiques. Surtout qu’en RDC, le mélange inspire que la gauche et la droite se confondent dans une mixture propice aux trahisons, revirements spectaculaires à l’heure de grands enjeux politiques, comme c’est le cas actuellement.

BLANCHISSERIE

Les radicaux en font les frais à leurs dépens car pour des raisons financières, la blanchisserie a fermé les yeux sur les nouveaux arrivants qui se retrouvent aujourd’hui à la tête de la famille politique au grand dam des opposants de la première heure désabusés et trahis dans leur conscience. Et facilement, les uns et les autres s’accusent : les Katumbistes et leur boulimie du pouvoir face à la résistance des Katebistes.

Les masques tombent devant les combattants médusés mais prêts à avaler le discours en faveur de la continuité mais sur des fondements renversés au profit des intérêts des puissants financiers.

Le coup de force des Katumbistes pour prendre la tête de l’Opposition offusque les responsables de l’Opposition réfugiés à Kasa-Vubu au siège du Fonus de Joseph Olenghankoy. Ces derniers, au lieu de passer l’éponge ou de fermer les yeux comme l’ont fait la Dynamique aile Claudel Lubaya, préfèrent crier à l’infamie sur tous les toits espérant être entendu par la population.

Mais sans base réelle, jusqu’où ira leur écho ? Seule la Majorité peut en faire un outil pour narguer davantage le Rassemblement. Un jeu subtil auquel les prélats catholiques ne veulent pas s’y prêter et n’ont pas tardé à réagir face à l’évolution de la situation à Limete.

COMME PONCE PILATE

Préoccupé de sortir rapidement de l’imbroglio dans lequel ils sont engouffrés depuis trois mois, les Prélats catholiques, bien que conscients des troubles au sein de cette plateforme, ont profité de la désignation de nouveaux responsables pour passer le bâton à l’une des ailes du Rassemblement conduite par le duo Félix Tshisekedi et Pierre Lumbi. Or, face à la complexité de la question, ils auraient pu attendre un peu avant de prendre position. Et cela surtout qu’ils sont au courant de la crise grave qui sévit au sein de l’héritage du sphinx de Limete.

A ce sujet, les analystes auraient souhaité que l’église ne tombe pas dans cette tentation de légitimer un camp contre l’autre car cette démarche ne sera aucunement cautionnée par la Majorité présidentielle.

Cette famille politique a déjà annoncé les couleurs en exigeant que le futur président du Conseil national de suivi de l’accord ne puisse être désigné qu’avec le consentement de deux parties au dialogue, c’est-à-dire la Majorité présidentielle et le Rassemblement.

Ce poste, en effet, avait été donné, par consensus, à Etienne Tshisekedi. Il n’était pas le fait d’appartenir au Rassemblement. On peut entrevoir une nouvelle épreuve de force qui permettra de connaître le véritable poids des héritiers du lider maximo.

Le choix de nouveaux dirigeants de l’Opposition dans un climat de crise ne règle pas dans la profondeur la question de la non signature de l’Arrangement particulier. Stratège, la Majorité présidentielle laisse filer le temps pour surprendre l’Opposition aux élections de décembre 2017. Elle a déjà mis en place son comité électoral qui travaille d’arrache-pied pour gérer les ambitions des candidats, les questions financières, logistiques… Bref, la Majorité s’organise pendant que l’Opposition tourne en rond autour de la répartition des postes dans la plateforme et au Gouvernement.

LA MAJORITE SE FROTTE LES MAINS

Les analystes l’avaient prédit : en tirant en longueur les négociations, la Majorité finira par avoir la peau des opposants. C’est ce qui est malheureusement arrivé. Le leader de l’Udps est tombé arme à la main pendant que ses troupes sont dans la débandade ne sachant quel responsable suivre. Chacun y va selon ses intérêts et n’hésite pas à dégainer pour se créer un espace de pouvoir. On s’entre-tue au Rassemblement pour hériter le trône laissé par Etienne Tshisekedi.

La succession compte parmi les conflits les plus récurrents dans instances judiciaires congolaises. Même les plateformes politiques n’échappent pas à cette gangrène qui paralyse le pays. Plus le temps passe, plus l’impatience gagne la scène politique et les moins résistants finissent par abandonner leurs convictions.

Les opposants ne sont-ils pas victimes de leur manque de réalisme ? Que fallait-il attendre d’un pouvoir à qui on a promis l’hécatombe le 19 décembre 2016 ? Et cela au moment où les faits sur le terrain ont démontré qu’il y avait moyen de contourner la pression de l’Opposition.

 MOTA SETI

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