Kinshasa - RD Congo : 24 juin 2017.

mercredi, 15 mars 2017 09:45

A 32.000 FC LE SAC DE FARINE DE MAÏS DE 25 KG : Les Lushois obligés de serrer la ceinture

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Voici certainement une entorse sociale telle qu’on ne l’a jamais connue à Lubumbashi. «Et nous, nous sommes pratiquement réduits à l’esclavage de la farine de maïs. Qu’allons-nous devenir avec nos enfants ? «, pleurnichait en sourdine une mère. C’est pour vous dire que la situation sociale, au regard de la hausse sans pareil du prix de la farine de maïs à Lubumbashi, devient un cas d’interpellation de la conscience collective, comme tant d’autres de ces préoccupations du vécu quotidien. La denrée alimentaire de base a maintenu son galop en atteint la cime de 32.000 francs le sac de 25 kilos. C’est unique en son genre, cette montée vertigineuse du prix de la farine de maïs. Les habitants du Haut-Katanga, particulièrement ceux de Lubumbashi, souffrent terriblement depuis le début de l’année 2017.

Et nous, comme si n’avions pas d’autres objets à traiter, ce feuilleton «farine de maïs» n’est plus une information ; il devient pratiquement le refrain d’une chanson. Dans un sens, cela nous touche aussi dans la mesure où cette crise procède du manque de conscience dans le chef des décideurs. Ceux-ci privilégient la dépendance de l’extérieur en matière alimentaire au lieu de trouver une solution locale. Cela permettrait aux consommateurs d’avoir un souci en moins, si la solution était trouvée au casse-tête «farine de maïs», dans un milieu comme Lubumbashi qui fait les frais de sa transition négative.

PATERNALISME

Après le long paternalisme assuré par la plupart des entreprises locales à leurs employés à l’époque, le mal s’est révélé trop profond et incurable de sitôt, quand ce mode de vie a disparu. Lorsque ces entreprises ont été poussées à une banqueroute collective (par la volonté des Congolais eux-mêmes, quand le vol et le pillage du patrimoine étaient devenus systématiques pour ne pas dire institutionnalisés), les habitants de ces zones industrialisées du Katanga sont restés déshérités. Leur sevrage des mamelles de ces entreprises a été fatal, quand le paternalisme devait disparaître.

Les agents, comme ceux de la Gécamines, n’avaient aucune notion d’épargne. Ils vivaient au rythme de cantines de leur entreprise, et du bureau du personnel pour la perception de la paie à la date fixe. La paie du personnel de l’entreprise, toutes catégories confondues, ne dépassait jamais le 15 du mois.

A des gens pareils, dorlotés, choyés par un paternalisme abrutissant et déformateur, que vous veniez demander de payer un sac de farine à 32.000 FC ; qui plus est un sac de 25 kilos seulement !

Rappelons que le sac de farine de maïs distribué à l’époque par la Gécamines, et par-delà, toutes les autres entreprises, pesait 50 kilos. Une famille nombreuse – si je ne m’abuse - pouvait avoir droit à quelque chose comme six ou huit sac de farine de maïs. Sans oublier d’autres vivres et produits manufacturés : poissons, viande, haricot, riz, huile de table, sucre, savon, etc. L’importance ou le quota du ravitaillement dépendait de la taille de la famille. Souvenez-vous de cette chanson de Jean-Bosco Mwendawa Bayeke : «Furahaya Katanga ikowapiwandugu ? Kula, kuvaa, kunywa ! Où est la joie du Katanga, mes frères ? C’est manger, boire, s’habiller !»

LA BELLE EPOQUE

Il faut dire que la Gécamines, la Sncc, la Sodimico, etc. de cette belle époque, nourrissaient non seulement leurs travailleurs respectifs proprement dits, mais encore la plupart d’autres anonymes dépendaient de ces entreprises.

La Gécamines avait des fermes agricoles (Mangombo), des minoteries (Kakontwe), des cantines et tant d’autres structures de stabilisation de la situation sociale, sur le plan alimentaire notamment, et socio-sanitaire pourquoi pas. Tout a été disloqué. Tout est par terre.

La transition, du paternalisme à l’autonomisation des travailleurs, s’est faite brutalement. Et personne n’y était préparé. C’était un coup fatal inattendu. Quand nos principales entreprises étaient saignées à blanc par les mandataires nationaux, les gens ne s’imaginaient pas que c’était une fosse commune que l’on creusait pour un enterrement collectif fatidiquement tout proche. Il n’y a pas eu de relève ou de relai après la disparition de nos entreprises dans leur formule d’antan. La famine a trouvé un terrain propice à son développement ravageur, au terme duquel des populations entières sont sacrifiées aujourd’hui.

Jamais à l’époque que nous rappelons ici –quand la Gécamines et ses consœurs tournaient à plein régime – la farine de maïs ne pouvait aussi constituer un sujet d’insomnie comme elle l’est actuellement. Tenez ! Un sac de farine de maïs de 25 kilos qui coûte 32.000 francs ; c’est du jamais vu ! A vrai dire, les Katangais ont souffert, et ils souffrent. C’est indigne, tout simplement.

EVEILLER LA CONSCIENCE

Et la raison pour laquelle nous revenons sur ce chapitre n’est autre que d’essayer d’éveiller la conscience de nos dirigeants, qui devraient penser aux populations en apportant des solutions durables à ce genre de problèmes. Et la solution durable en ce qui concerne la carence de maïs, c’est la promotion de l’agriculture. Cela est différent de la simple publicité, dans le but de plaire à on ne sait qui. Ca suppose que l’on doive cultiver en utilisant de gros moyens pour chasser ou lutter contre la famine. En parlant de gros moyens, nous pensons justement à la mécanisation de ces cultures. Le bel exemple en est déjà fourni par ce parc agropastoral de Bukanga-Lonzo dans l’ex-province du Bandundu.

Si de 32.000 FC que coûte ce fameux sac de farine de maïs actuellement à Lubumbashi, le prix venait à vaciller autour de 25.000 FC, vous entendrez les gens dire que le prix a baissé. C’est ce genre de discours que nous fustigeons. Car ce ne serait pas vrai. A 25 ou 20.000 FC, le prix serait toujours élevé, alors qu’on aurait souhaité qu’il baisse à 10 voire à 9.500 FC.

Les Lushois ne devraient pas souffrir de la sorte. Voilà notre peine.

LND

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