Kinshasa - RD Congo 26/04/2019:

SOCIETE. MAUVAISE NOUVELLE POUR MAKER MWANGU. Au Sud-Kivu, 40% d’élèves ont abandonné l’école à Buzi Minova

Selon une dépêche de Radio Okapi, environ 8 000 élèves sur les 20 000 que compte la bourgade de Buzi Minova dans la province du Sud-Kivu, ne fréquentent plus l’école depuis quelques mois. 

C’est le secrétaire du syndicat des enseignants de ce groupement, Jean-Marie MugongoRwicha, qui a livré cette information le jeudi 5 mars 2015 au cours d’une séance d’évaluation des activités scolaires dans cette contrée du Sud-Kivu. «Avant la rentrée scolaire, nous avons tenu une assemblée générale avec les parents et nous avons signé les accords selon lesquels ils devaient payer les frais équivalents à quatre mois. Malheureusement les parents n’arrivent pas à payer à temps », a indiqué Jean-Marie Mugongo.

Ce syndicaliste pense à raison que les élèves ne fréquentent plus l’école parce que leurs parents n’ont pas d’argent à payer pour leurs frais scolaires.  Le coin est pauvre, sans ressources. 

La culture de banane, unique source de revenu pour de nombreuses familles de cette contrée, se porte mal à la suite d’une maladie qui a attaqué les bananeraies à BuziMinova. Jean-Marie Mugongo estime que l’Etat devrait accorder des subventions aux écoles de la région pour résoudre ce problème de déperdition scolaire. 

Mais ce compatriote ne se rend pas compte que le problème vient du fait qu’ils ont piégé dès le départ les parents déjà appauvris par la guerre et les calamités de toutes sortes en les obligeant indirectement à s’acquitter de quatre mois de frais scolaires ou frais de motivation des enseignants.

GRATUITE DE L’ENSEIGNEMENT

En tout cas, l’Exécutif national et le Gouvernorat de la province du Sud-Kivu doivent se pencher de toute urgence sur cette situation qui nous interpelle en tant qu’éducateur et parent. 

La RDC est en train de tout mettre en œuvre pour rendre l’enseignement accessible à tous et améliorer également la qualité de l’enseignement. C’est dans ce cadre que le gouvernement a tenu à appliquer de manière graduelle la gratuité de l’enseignement fondamental, conformément aux prescrits de la constitution. Cette action permettra aux enfants défavorisés ou issus des familles vulnérables d’être scolarisés et de ne pas se faire des soucis à cause des frais scolaires aujourd’hui inaccessibles. 40% de taux de déperdition scolaire, c’est énorme. Seulement, il y a un hic dont le gouvernement doit tenir compte dans la mise en œuvre de cette gratuité pourtant salutaire.

Selon le Rapport de la Banque mondiale publié en décembre 2013, « l’introduction de l’enseignement gratuit a produit des effets particuliers et inhabituels sur le coût de l’éducation. Les entités réceptrices des frais de scolarité ont augmenté les frais pour d’autres services, de sorte que le coût total de l’éducation continue à augmenter », peut-on lire à la page 24 de ce rapport. Un véritable scandale qui doit amener Maker Mwangu à sévir.  

LES GESTIONNAIRES DES ECOLES EN QUESTION

Et le rapport ajoute au paragraphe 63 : « Plus généralement, l’approche a été d’augmenter les frais pour les années du primaire et les écoles secondaires pour lesquelles l’abolition des frais n’est pas encore entrée en vigueur». C’est tout simplement ahurissant. Et au paragraphe 64, le jugement est sans appel : « Les bénéficiaires des frais de scolarité sont capables de les laisser augmenter à cause de l’insuffisance de la surveillance et du caractère inapproprié des pratiques de gestion ».

Les autorités aussi bien gouvernementales que provinciales doivent agir le plus rapidement possible pour corriger cette situation contrariante. 

Il est en effet anormal que les gestionnaires des écoles passent outre les instructions données par la tutelle pour se remplir les poches sur le dos des parents. 

Ce comportement à la fois égoïste et mercantile prive des milliers d’enfants de la scolarité pourtant indispensable et d’un avenir meilleur.
Car, combien de parents sont à mesure de payer en une seule fois les frais correspondant à quatre mois comme cela a été exigé à Buzi Minova? 

Les promoteurs ou gestionnaires des écoles et les enseignants n’ont vu que leurs intérêts personnels sans tenir compte de ceux des enfants et encore moins de la capacité des parents à honorer cet engagement qui ressemble à un couteau qu’on leur a mis à la gorge. Et les conséquences malheureuses sont maintenant là. Qui gagne ?

Mabanzo. LVM 157

 

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