Kinshasa - RD Congo 26/08/2019:

ECONOMIE...L’amnistie fiscale, voie obligée pour élargir le budget congolais

Avec 9 milliards de dollars de budget en 2015, le Gouvernement reste limité dans sa volonté de moderniser le pays vue l’étendue des besoins et l’immensité des défis. Cependant, depuis quelques années, des analystes proposent en vain aux dirigeants congolais de recourir à l’amnistie fiscale pour régulariser la situation de près de 80% d’opérateurs économiques évoluant dans le souterrain et arrêter le phénomène des fausses déclarations.
LE MIRACLE ALGERIEN
L’exemple de l’Algérie et du Maroc, tous deux pays maghrébins doit interpeller les dirigeants congolais déterminés à conduire la RDC dans la sphère des pays émergents d’ici 2030 grâce à une croissance à deux chiffres et une amélioration des conditions de vie des populations.
Pour le cas de l’Algérie, le plus grand pays d’Afrique s’est engagé en 2014 dans la modernisation de ses services fiscaux et la réforme de sa législation. Cette campagne n’a pas tardé à donner des fruits, car en 2014, l’Algérie a réalisé 260 milliards d’euros de recettes d’impôts ordinaires. Les recettes sont passées, en une année, de 50 milliards d’euros à 260 milliards. Un véritable record battu en une année de réforme profonde des services du fisc.
Sur la même lancée, le gouvernement entend atteindre le cap de 290 milliards d’euros en 2015. Il focalise sa stratégie entre autre sur l’intégration des acteurs de l’économie souterraine dans l’économie formelle en régularisant leur situation vis-à-vis du fisc.
En effet, l’économie souterraine contrôle près de 500 milliards d’euros dans ce pays où l’économie jusque-là était bâtie sur les recettes des hydrocarbures.
Depuis l’effondrement des cours du baril du pétrole, le Gouvernement algérien s’est engagé à rechercher d’autres sources de revenus pour faire face à la crise internationale. Ce qui explique sa démarche vers la conversion de l’économie informelle en économie formelle.
L’EXEMPLE DU MAROC
De son côté, le royaume chérifien a choisi la voie opposée en s’attaquant, dans un premier temps, aux personnalités résidant au Maroc qui ont, par le passé, transféré illégalement des avoirs à l’étranger.
Il s’agit entre autres des appartements, des participations dans des sociétés, des achats d’action ou encore des comptes bancaires. Ces avoirs représentaient une infraction car n’ayant pas fait l’objet d’une « déclaration préalable à l’office des changes ».
Face à cet état de choses, le Gouvernement avait annoncé, dans le cadre de la loi des finances 2014, une mesure d’amnistie fiscale en faveur des résidents marocains coupables d’évasion, en échange d’une contribution. Cette mesure a permis au Gouvernement de réaliser, en une année, 1 milliard d’euros, pratiquement le double des prévisions initiales élevées à 500 millions d’euros. Une contribution non négligeable au budget du pays en pleine reconstruction et modernisation.
Cette mesure exceptionnelle garantissant l’absence de poursuites administratives ou judiciaires touchera à sa fin au mois de décembre 2015 et ne sera pas renouvelée, a indiqué le ministre du Budget Idriss AzamiIdrissi.
LE DEFI CONGOLAIS
Confronté à de nombreux défis sur le plan de la sécurité, de l’industrialisation, de la construction des infrastructures, la RDC, loin de compter sur la contribution traditionnelle des partenaires extérieurs (près de 40% du budget), doit sortir de sentiers battus et tirer des leçons des pays tels que l’Angola avec son pétrole, l’Algérie, le Maroc… Ces pays ont compris qu’un effort intérieur des citoyens est indispensable si l’on veut disposer des moyens de sa politique.
Avec une économie dominée par l’informelle et des opérateurs économiques étrangers, le Gouvernement doit commencer par le plus facile : convertir l’informel au formel grâce à une amnistie qui permettra à tous les opérateurs de repartir sur le même pied. Cette réforme doit être soutenue par des mécanismes puissants pour frapper les récidivistes mais également ouvrir l’accès aux financements aux petites et moyennes entreprises pour leur permettre de s’exprimer dans une scène économique dominée de bout en bout par les expatriés. Ces derniers tiennent les manettes des banques, des secteurs de l’import et de l’export, des communications.
L’heure est donc de réfléchir profondément à l’économie de l’après 2016 qui conduira résolument le pays dans l’émergence.
MOTA SETI/LVM 158

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