Kinshasa - RD Congo 26/06/2019:

KATANGA : LA PAUVRETE BAT SON PLEIN A LUBUMBASHI

Les populations se rabattent sur les activités informelles pour survivre

Les temps sont durs dans la ville de Lubumbashi, la capitale du cuivre, et ses environs. Malgré le nombre combien impressionnant d’entreprises minières qu’on peut compter, la ville cuprifère est confrontée paradoxalement à une pauvreté exécrable. 

Le vécu quotidien des habitants révèle des avatars indicibles de survivance incertaine tissée autour d’une débrouillardise héroïque pour nouer les deux bouts du mois. Difficile de distinguer entre fonctionnaire, travailleur et chômeur. Car 70 % des Lushois pratiquent et vivent grâce aux activités commerciales illicites. Soit on est petit commerçant, soit un vendeur ambulant. 

On ne peut pas passer deux maisons, surtout dans les cités, sans trouver des édicules communément appelés kiosques de vente de divers produits alimentaires, cosmétiques, et autres.

Dans la plupart des cas, ces activités illicites échappent même au contrôle des pouvoirs publics. Il est vrai que si les nombreuses familles ne pratiquent pas ce système, elles ne sauront pas nouer les deux bouts du mois. Par conséquent, elles ne peuvent pas scolariser leurs enfants, pour ne prendre que cet exemple.

Bien sûr, ces activités étant illicites, l’Etat congolais est appelé à les réglementer. Aussi, le marché dit pirate est-il appelé à être homologué ou légitimé. Autrement, c’est un manque à gagner considérable pour le trésor public. Pour le pays entier, la Fédération des entreprises du Congo, FEC, avait estimé il y a quelques années à environ 15 milliards de dollars la somme d’argent circulant en dehors du circuit formel.

Dans nos cités, tout le monde est devenu revendeur pour survivre, et si ce n’est pas dans la parcelle même, c’est dans les agglomérations de la ville ou les périphéries de celle-ci où l’on rencontre des tout-petits criant : « Mayi yo hii !! ». Phénomène « mayi matalala ». Cause de plusieurs maladies hydriques et épidémiologiques.

Devant une situation pareille, l’Etat devrait prendre en mains ses responsabilités. Où en sommes-nous avec l’amélioration du social de la population congolaise ? Nulle part ! 

Pourquoi l’augmentation de la misère dans la ville de Lubumbashi ? Cette augmentation de la misère est sans nul doute due au taux du chômage écrasant, au non-paiement, voire au paiement irrégulier de salaires des agents des grandes entreprises de la place. La croissance démographique est en inadéquation, c’est-à-dire disproportionnelle à la création de l’emploi. C’est donc une situation anormale de voir la population augmenter sans entraîner l’embauche au travail.

Ladite situation est encore due à l’inexistence de la microfinance pour permettre à la population de s’organiser en classe moyenne, afin de s’investir dans de micro-projets de développement. 

Quelles sont les pistes de solution pour remédier à cette situation ? L’Etat congolais doit prendre ses responsabilités en jouant son rôle de parent : créer de l’emploi en payant régulièrement le salaire. Canaliser les activités s’exerçant en informel vers le trésor public. Créer aussi des institutions de microfinances pour soutenir les petites et moyennes entreprises et ainsi créer la classe moyenne. 

Nous osons croire qu’avec le découpage, la vie sociale s’améliorera davantage si le processus est entouré de mesures ou de mécanismes de suivi. La proximité consécutive au découpage territorial, que va engendrer la cohabitation des gouvernants et des gouvernés offrira certainement des opportunités de développement. 

Il est, certes, vrai, dans tous les cas, que cette population actuellement confrontée à la misère indescriptible ne devrait pas entendre par le découpage un mot magique qui la sortira d’emblée de cette impasse. Elle est appelée à redoubler d’efforts en se prenant en charge pour le travail. D’où viendront les moyens ? Cette question est fondamentale et pertinente. Les moyens, il faudra les créer.

Que l’Etat congolais assume normalement son rôle pour l’amélioration des conditions sociales des Lushois en particulier, et de tous les Congolais en général ; car la misère est générale. Sans oublier la relève des entreprises types de la Rd Congo. 

Marc Toussaint SAKADI

 

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