Kinshasa - RD Congo 20/10/2019:

OPINION / ECONOMIQUEMENT PARLANT : De quoi vivra la province du Haut-Lomami ?

Le découpage est aujourd’hui à la une en Rd Congo. Les uns l’appellent la forte décentralisation, les autres disent organisation administrative, provinciale, sectorielle et municipale.

Conçu par le législateur congolais au référendum, il a été voté à la chambre basse et au Sénat, et enjambé par différents ministres de l’Intérieur et Affaires coutumières : Célestin Mbuyu Kabango a travaillé dessus, Richard Muyej Mangeze  Mans a accéléré le processus, pour être enfin promulgué le 02 mars 2015 par le garant de la nation et Président de la République, Joseph Kabila Kabange.

Disons en revanche que le découpage provincial n’est pas unanimement accepté et apprécié de la même manière par toutes les personnes et par toutes les provinces telles que l’Equateur et le Katanga, où le Chef de l’Etat s’est déplacé personnellement avant de réunir en date du 05 janvier 2015 les notabilités katangaises, dont la plupart provenaient de Kinshasa. Quoiqu’il en soit, qu’on le boude, rejette ou refuse, le processus est déjà nationalement constitutionalisé.

Le découpage fait bouger non seulement les bouches et les oreilles tendues, mais aussi toute l’opinion, les médias, la presse tant audiovisuelle qu’écrite. Le mutisme s’estompe pour laisser place aux portes largement ouvertes aux critiques, suggestions et analyses selon chacun sa tendance politique, ses penchants culturels et socio-économiques. Bien ou mal reçue, l’organisation administrative fait bon chemin et s’intègre au carreau du calendrier électoral exercice 2016 de la Commission électorale nationale indépendante, Ceni en sigle ; tout en disant adieu aux onze provinces et bienvenue aux vingt-six provinces désormais en Rdc.

Quelles sont les retombées positives et négatives de la forte décentralisation en Rdc en général et dans la nouvelle province du Haut-Lomami ?

Le Haut-Lomami se situe au nord de l’ex-province du Katanga et compte 5 territoires : Kamina, Bukama, Malemba-Nkulu, Kabongo et Kaniama, dont les habitants vivent beaucoup et surtout de l’agriculture, pêche et élevage, secteur tertiaire de l’économie moderne de notre ère.

Ce secteur présente plusieurs lacunes et relégué aux oubliettes des politiques de développement des autorités tant nationales que provinciales car, ses exigences sont principalement la réhabilitation des infrastructures routières, sanitaires, scolaires…infrastructures qui doivent faciliter une bonne température de climat des affaires dans la nouvelle province en gestation.

En tant que telles, nos analyses économiques s’articuleront autour de grandes lignes et explication au niveau micro et macroéconomique.

Sur le plan microéconomique, le Haut-Lomami n’a aucun espoir dans le découpage qu’il qualifie de précoce et de prématuré ; conçu et bien calculé au profit du créateur et non au développement de la contrée car, la microéconomie s’occupe de la création, de la distribution et de la consommation du revenu aux ménages.

A ce titre, le Haut-Lomami crée son argent à la récolte pendant laquelle, si l’un peut vendre ses produits agricoles, l’autre pourra vendre son bétail et son poisson, en créant ainsi un circuit économique réciproque des centres ruraux de production aux centres urbains de consommation.

Depuis toujours, la nouvelle province du Haut-Lomami n’a jamais bénéficié d’une dotation ni du pouvoir central moins encore de celui provincial : quel pêché l’ex-district du Haut-Lomami a-t-il commis pour mériter un tel sort ?

Depuis 2006, le pouvoir central avait bien défini l’importance des routes d’intérêt provincial et national ; Kamina, chef-lieu du Haut-Lomami, avait reçu une équipe de l’Office des routes du district. A ce jour, l’axe Kamina – Kabongo : 15 kilomètres seulement aménagés en terre ; Kamina vers Kaniama : zéro kilomètre ; Kamina vers Bukama : zéro kilomètre, et enfin, Kamina – Malemba-Nkulu : zéro kilomètre.

Dans chaque territoire existe un hôpital général de référence. Curieusement, tous ces hôpitaux généraux de référence n’ont connu une moindre réhabilitation, exception faite de celui de Malemba-Nkulu, qui va voir aménager son bloc opératoire et devrait aussi bénéficier de quelques appareils modernes (si l’on s’en tient à l’information livrée tout dernièrement par radio Okapi).

Sur toutes les bonnes listes élaborées par le gouvernement Matata, regorgeant d’un nombre considérable d’écoles, hôpitaux, stades, routes, bureaux et bâtiments administratifs à être réhabilités ou construits, le Haut-Lomami n’a aucun élément à mettre à son actif. C’est peut-être la raison d’être de ce flux migratoire qui s’observe, des populations du nord de l’ex-province du Katanga vers le sud ; phénomène communément appelé exode rural, suite à la cherté de la vie, l’absence de la sécurité et des infrastructures de santé.

Pour le moment, on parle également de la dévastation des champs et autres produits agricoles par les éléphants, notamment dans le territoire de Malemba-Nkulu. Mais, ces animaux sont une espèce protégée par les instruments juridiques au haut niveau tant national qu’international, pendant que les champs de paisibles citoyens ravagés par le passage de ces pachydermes constituent, pour ces derniers, leurs matières premières. Les populations entières se laissent ainsi dépouiller sous un mutisme total des pouvoirs publics qui semblent oublier même leur rôle régalien vis-à-vis de malheureux sinistrés.

Haut-Lomami oublié aux valves de la Rdc et de l’ex-province du Katanga, est-ce parce qu’il ne contribue que faiblement à l’apport en impôts et taxes de l’Etat ? S’agissant du projet Cinq chantiers de la République, le Haut-Lomami arbore un bilan zéro du point de vue infrastructures ; même résultat en ce qui concerne la révolution de la modernité. Comment, sans infrastructures de base, une telle province nouvellement créée survivra-t-elle du point de vue socio-économique ?

Découpage, loi promulguée, contraint et oblige à croire à une parole de l’évangile ; au Haut-Lomami donc d’attendre la mise en application de bonnes règles de la caisse de péréquation dont ses principes en Rdc sont comparés aux événements des signes de l’apparition du Messie.

Au niveau macroéconomique, la nouvelle province du Haut-Lomami devrait avoir de grands axes routiers pour résorber ses récurrentes difficultés d’enclavement. Le Haut-Lomami devrait être relié à ses provinces sœurs et au reste du pays. Pourquoi pas ! Car la macroéconomie est une grande branche de l’économie qui explique tous les indicateurs et indices de développement et du sous-développement de la santé économique d’une nation.

Les potentialités de l’agriculture, pêche et élevage que couvre le Haut-Lomami peuvent être de grande importance lorsque la production de ce secteur est faite à l’échelle industrielle ; cela pourra subvenir aux besoins de première nécessité non seulement du Katanga tout entier (dans son ancienne formule), mais également de deux Kasaï.

Souvenez-vous très bien du projet Kaniama-Kasese, en son temps, qui avait subvenu aux besoins de nos populations, qui est resté jusqu’à nos jours ancré dans les annales du peuple congolais.

Carlos KUMWIMBA NGOY 

 

 

 

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