Kinshasa - RD Congo 09/12/2019:

Un chauffeur obstiné remis à la raison après sa bastonnade

Au sortir du quartier résidentiel, peu avant de franchir la barrière, nous avons remarqué de loin un agent de la Police de circulation routière, PCR, à côté d’un élément de la Garde républicaine.
Ce dernier faisait signe au chauffeur du mini-bus, à bord duquel nous nous trouvions, de s’arrêter. Le chauffeur, perplexe et hésitant, a aussi répondu par un signe de la main pour signifier qu’il n’y avait pas de la place à bord. Certainement, il n’y avait aucune place. Comme un arrêt se trouvait seulement à quelque 100 mètres de là, et après la descente d’un passager à cet endroit, le conducteur a agité la main derrière, pour rappeler l’agent resté toujours le regard tourné dans notre direction.

PLAISANTERIES
Se trouvant à bord maintenant, quelques plaisanteries ont été échangées amicalement entre les passagers et cet agent de la Police de circulation routière inconnu. « Le chauffeur a évité  de s’arrêter de crainte d’être dîmé », plaisantèrent les passagers. « Non, je sors moi-même d’un guet-apens me tendu par un chauffeur drogué », répliqua l’agent de la Pcr. Puis, il commença à raconter son incident, en ces mots :
 « J’étais à mon poste de l’autre côté, sur la Route du Golf. Tout d’un coup, j’ai vu un mini-bus venir s’arrêter à quelques mètres de l’endroit où je me trouvais. Le véhicule était stationné quasiment en travers de la route. Je me suis approché du chauffeur pour lui dire de stationner convenablement au lieu de barrer le passage. Vous savez, la Route du Golf connaît une circulation très intense, surtout aux heures de pointe ».
Mais au lieu d’obtempérer, ce chauffeur a tout simplement réagi insolemment, en me disant de lui ficher la paix. Comme j’essayais toujours de le ramener à la raison, il m’a rudoyé. J’ai ouvert la portière pour m’asseoir à ses côtés. C’était un véritable enfer.

RECIT
Il a commencé à me raconter comment il a déjà tué 3 personnes, et que moi, je devrais être sa quatrième victime. J’ai répondu que j’aimerai l’être effectivement. Il a juré d’aller me faire flageller à mort. Puis, il m’a conduit, là à l’intérieur.
Quand nous sommes arrivés devant ceux qu’il croyait pouvoir me bastonner, ceux-ci l’ont tout de suite reconnu.
En effet, ce chauffeur, dont le propriétaire du véhicule serait prétendument un capitaine de l’armée, est un récidiviste, habitué à accuser les gens pour des motifs imaginaires. Et à ce titre, il a déjà amené d’autres gens dans le but de les voir tabassés. Mais quand les éléments de la Gr l’ont aperçu, ils se sont seulement écriés : « Encore toi, ici ! Ce sont toujours les autres qui ont tort ? Et toi, toujours un saint ?», lui ont-ils crié. Après quoi, ils nous ont demandé de nous expliquer, l’un après l’autre. Comme c’était lui l’accusateur, il a pris l’initiative, et a relaté les faits. J’ai aussi donné ma version. Après l’audition de nos deux versions, les Gr ont été révoltés. Ils ont intimé l’ordre à ce chauffeur impénitent de s’étendre par terre. Et ils se sont mis à le corriger.
Sur ces entrefaites, le propriétaire du véhicule saisi du problème, a ordonné aux agents de la sécurité de ravir au chauffeur l’argent de versement qu’il détenait, et la clé de contact.

PARCOURS
C’est une belle leçon, surtout pour une certaine catégorie de chauffeurs du transport en commun empruntant le tronçon Centre- ville – Cité Karavia, réputés très insolents à l’endroit des passagers.
Quant à notre chauffeur ramené à la raison après la bastonnade, il l’aura amplement mérité. Et il l’aura appris à ses dépens. Est pris qui voulait prendre, dit-on.

LND

Last modified on Tuesday, 06 November 2018 19:13
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