Kinshasa - RD Congo 27/11/2020:

DEMONSTRATION DE FORCE A SAINTE-THERESE : Lamuka fait craquer Félix

On sent que la contre–offensive des coalisés de Genève lancée à partir de N’Djili, le 02 février, a eu raison de la résistance de Félix ’AntoineTshilomboTshisekedi.

Pendant un long moment, l’on a vu le camp du nouveau président afficher une sérénité déconcertante face aux différents assauts de Fayulu. Il est apparu évident pour tous les analystes que Cach a levé l’option d’évoluer en mode « le chien aboie, la caravane passe ».

Cette option aura malheureusement fait long feu. Les tirs sans sommation subis par le nouveau pouvoir, le samedi dernier, à la faveur de la première sortie populaire de Lamuka semblent avoir fait craquer celui-ci.

Tout indique que c’est moins les propos incisifs de l’adversaire, qui pour le coup ont bien été calculés, qui ont fait mal que l’affluence populaire impressionnante vécue à Sainte–Thérèse.

Normal

Eh oui, c’est dans l’ordre normal de la psychologie humaine et du fonctionnement du monde. Lorsqu’on fait face à un adversaire qui n’a personne pour l’écouter et le suivre, il n’y a aucun combat à mener, sinon laisser le téméraire s’essouffler lui – même, faute de public. Il n’y a pas de spectacle sans spectateur.

Mais dans le cas d’espèce, l’adversaire draine à sa suite une affluence qui dérange, met mal à l’aise et vous assaille comme une écharde dans le pied. Les Tshisekedistes minimisaient- ils à ce point la force de frappe de Lamuka ? S’imaginaient- ils que la capitulation de l’Union Européenne, suivie de celle de l’Union Africaine suffisaient pour démobiliser et dégarnir les rangs de Lamuka ?

Se baser sur ce genre de prémisses relève d’une impardonnable naïveté car, le camp de Félix ne pouvait pas, ne devait pas oublier que la force de Lamuka à l’ouest, c’est principalement Bemba, plus cette insatiable soif qui s’est spontanément déclarée dans l’ex-Bandundu de voir un de ses fils accéder à la magistrature suprême.

Or, il est connu de tous que ce genre de mobilisation basée sur des ressorts sentimentaux, subjectifs, parce que sociologiques sont parmi les plus tenaces de l’histoire des peuples.

Entre nous

C’est, du reste, pour cette raison que la compilation des résultats de la présidentielle dans la partie occidentale du pays indique ouvertement que Fayulu a laminé Fatshi. C’est indiscutable. De la Lukunga à la Tshangu en passant par le Mont-Amba, sauf la Funa, Fayulu a été roi sur toute la ligne. D’ailleurs, même à la Funa, le duel était très serré avec un léger avantage pour Fatshi.

Il ne fallait donc pas perdre rapidement de vue ces repères incontestables juste parce que la communauté internationale semble avoir enterré la hache de guerre avec le nouveau pouvoir.

Pour s’être permis cette amnésie volontaire, Cach a été littéralement pris à revers par la bourrasque de N’Djili. Et signe évident de panique à bord au sein du nouveau pouvoir, le meeting – réplique que projette l’Udps pour le 15 février. Ce parti, par la bouche de son porte- parole Augustin Kabuya, a beau s’en défendre, mais il n’arrive pas à convaincre le monde sur la motivation de cette brusque sortie.

Le lieu choisi, le même que Lamuka, le délai fixé ne peuvent tromper personne. La première sortie populaire de Fayulu, relayée par ses pairs à travers les médias internationaux, dont Muzito, a fait très mal dans le camp de Félix. Que lui-même a été personnellement commotionné.

Ramené à la réalité du ring, la boxe particulièrement, le duel Fayulu - Fatshi indique que le premier a marqué un point contre son adversaire.

A ce rythme, il y a beaucoup à craindre pour le vainqueur de la présidentielle du 30 décembre. Avec Lamuka qui promet de quadriller bientôt tout le pays en vue d’amplifier sa lutte pour le retour à la vérité des urnes, le camp de Tshisekedi fils risque de se réduire à jouer à la défensive. Ou plutôt à courir après chaque point marqué par l’adversaire.

Quand on est confiné à un tel rôle, on court en réalité vers une défaite certaine.

MAGG MIKOMBE

Copyright © 2020 Nabii Samweli House - Tous droits réservés.