Kinshasa - RD Congo 27/11/2020:

EROSIONS EN RDC : Le Centre de recherche géologique et minière peint un tableau sombre

390 têtes d’érosion à Kinshasa, 150 à Kikwit, près de 50 à Mbuji-Mayi  et une vingtaine à Uvira...

Les érosions constituent une catastrophe naturelle et menacent sérieusement l’étendue de la R-dC. Aucune ville n’est épargnée par cette catastrophe qui fait craindre le pire.

Plusieurs têtes d’érosions menacent sérieusement la quiétude de la population qui assiste impuissante à la disparition de ses habitations.  Cette population n’a que les yeux pour pleurer et de temps en temps, lancent des cris de détresse qui restent  sans succès. La ville province de Kinshasa compte plusieurs centaines de têtes d’érosions et les communes qui viennent en tête sont celles de  Ngaliema, Mont-Ngafula, Selembao, Kimbanseke. 

En un mot comme en mille, de Kinshasa à Boma en passant par Kikwit, Kananga, Goma, Mbuji-Mayi, Tshikapa, Mwene-ditu, Uvira, Bukavu, aucune ville n’est épargnée de cette catastrophe naturelle. Kinshasa par exemple, compte actuellement, selon le Centre de recherche géologique et minière, 390 têtes d’érosion, Kikwit 150, Mbuji-Mayi une cinquantaine, Uvira une vingtaine, nous apprend le Centre de recherche géologique et minière.

La célérité avec laquelle avancent toutes ses érosions suscite beaucoup d’inquiétude dans le chef des habitants de ces différentes villes qui redoutent leur disparition pure et simple.

Cette inquiétude est d’autant plus justifiée que ces populations assistent impuissantes devant l’engloutissement des infrastructures  telles que  les maisons d’habitation, les hôpitaux, les écoles, les routes, les chemins de fer, les réseaux de distribution d’eau et de l’électricité, etc.

COUVERTURE VEGETALE

Plusieurs causes expliquent le développement de ce phénomène, notamment la disparition de la couverture végétale naturelle suite à une forte densité de la population due à l’explosion démographique, la mauvaise gestion du sol, l’activisme des groupes armés qui obligent la population à se déplacer vers les entités sécurisées où elle s’installe dans des  sites non appropriés, le  manque de canalisation des eaux de ruissellement, l’extraction illégale du sable dans les lits des rivières, les caprices des bailleurs, l’abondance des pluies diluviennes.

Il y a quelques années, Emmanuel Biey’s, professeur en Sciences de l’Environnement à l’Université de Kinshasa et ancien Directeur Général de la Régie d’assainissement et des travaux publics de Kinshasa (2008 - 2016), également Consultant en assainissement et hygiène du milieu,

Expert en audit environnemental, laissait entendre que le problème des érosions était lié à la mentalité des gens. Il faudrait que la population soit sensibilisée à ce sujet, notait-il.

LOTISSEMENTS

La création anarchique des lotissements et la construction des maisons d’habitation sans respect des normes urbanistiques, le déboisement désordonné, le manque d’entretien des ouvrages figurent parmi les causes qui expliquent aussi l’aggravation du phénomène « érosion ».

Menaces contre l’environnement et un danger pour la survie de la population, les érosions ont la peau dure et disposent encore de beaux jours devant elles.

En effet, toutes les actions de lutte entreprises presque partout n’ont pas donné les résultats escomptés. Visiblement à cause de leur inefficacité due  notamment à la modicité des moyens engagés. Pour rappel, la Dynamique pour le développement du Kwilu  par exemple, n’a  réuni que 30.000 USD sur les 60.000 exigés pour lutter contre la progression de l’érosion de Kagwa  qui menace d’engloutir  la maison communale de Lukemi et le  marché municipal de cette entité à Kikwit.

La mise en place d’une nouvelle stratégie de lutte s’impose  donc. La création d’un partenariat public-privé, l’élaboration d’un plan national de lutte antiérosive, la mise en place d’une politique nationale en matière d’habitat, la règlementation dans  la création des lotissements  pour éviter les constructions anarchiques,  la sensibilisation permanente de la population à l’importance du reboisement, la désolidarisation de la population  des groupes armés, une surveillance rigoureuse d’ouvrages construits dans le cadre de la lutte antiérosive et leur entretien  apparaissent  notamment comme des pistes à exploiter pour éradiquer les érosions.

Rodriguez Kikamba

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