Kinshasa - RD Congo 26/04/2019:

EGLISE AUJOURD’HUI : Le désert : une école pour l'œuvre

Dans la Bible, on nous parle du désert,  un endroit où l’on apprend beaucoup de choses ; un endroit d’expérimentation de choses de la vie.  Il ressemble à une école surtout pour les gens appelés à servir Dieu.  Beaucoup de serviteurs de Dieu sont passés par le désert  - au sens strict comme au sens large - avant de devenir aguerris parce qu’ils ont eu à acquérir une expérience  au travers des circonstances rencontrées, en traversant des temps difficiles, en faisant face à plusieurs  situations qui les ont rendus  forts pour le ministère.

C’est le cas notamment de Moise qui a passé plusieurs années dans le désert à la rencontre de Dieu pour conduire les enfants d’Israël ; nous signalons également Elie, Jean-Baptiste, Jésus qui y ont passé des temps pour se préparer au ministère. On cite, dans l’histoire de l’Eglise,  Saint Antony qui, inspiré par le texte de Matthieu 19 :21, a passé du temps dans le désert de Sarah pour prier et  jeûner avant de commencer la communauté.

Réfléchissons sur le cas  de Moise qui est plein de leçons ; lui qui a passé des années dans le désert  pour apprendre le véritable leadership ; il a appris comment conduire les hommes, comment les gérer dans les différentes situations. 

Qu’est-ce que  le désert ?

La Bible définit le désert comme un endroit inhabité, sec et sans eau, solitaire. Dans Matthieu 14 :15, il est démontré qu’on ne pouvait  pas trouver de la nourriture dans ce désert où la foule avait suivi Jésus ; il n’y a pas d’eau et c’était isolé. Dans le livre d’Exode, on parle d’un endroit où le peuple ne trouva pas d’eau (désert de Sin  dans Exode 17 :1).  Jérémie 2 :6 décrit le désert comme un endroit stérile, avec une terre aride et sèche où règne la mort.

Donc,  le désert  est un endroit en principe sans homme, sans vie. John Macarthur, dans ses commentaires bibliques, donne des phénomènes particuliers qui caractérisent le désert.  Il cite notamment le mirage, qui est une apparition trompeuse d’eau.

Dans l’histoire de la Bible, on retrouve des endroits désertiques qui étaient habités par certains peuples nomades : l’enfant Ismaël qui habitait dans le désert de Paran, il y était errant (Gen 21 :20-21). Les déserts servaient aussi  de refuges pour les  gens qui étaient persécutés. Cas de David qui se réfugia  au désert de Ziph, fuyant Saül qui lui en voulait à sa vie (voir 1Sam 23 :14).

Comme on peut le voir, le désert symbolise beaucoup de choses. Dans la vie courante, on utilise ce terme «  désert » pour expliquer des temps difficiles, des circonstances malheureuses où l’on manque le nécessaire (nourriture, argent), ou parfois, on se sent abandonné ou rejeté. Quand on se retrouve dans ces circonstances, on dit souvent qu’on « traverse un désert », pour dire qu’on est sec, qu’on a tari, qu’on n’a pas d’argent, ou on n’est pas soutenu.

Le cas de Moïse nous présente beaucoup d’autres signes qui symbolise le désert et qui donne plus de leçons. Moïse y a passé des années pour recevoir des instructions pour conduire les enfants d’Israël. Cet homme qui est un modèle de leadership a beaucoup appris de Dieu, et cela peut aussi nous servir de référence en tant que leader, en tant que conducteur d’hommes.

En effet, il n’est pas facile de conduire les hommes quand ils peuvent réfléchir, raisonner parce qu’ils peuvent  émettre des avis, non seulement différents du leader, mais souvent contradictoires. Il faut alors savoir gérer ces hommes. Moïse reste un modèle dans ce sens ; et s’il a réussi, c’est parce qu’il a eu du temps à apprendre de choses de la part de Dieu. Le désert  était  l’école de Dieu pour lui.

Le désert et Moïse

L’histoire dépeint Moïse comme ceci : la date de sa naissance se situe en 1525  avant J.C. Il a été récupéré  par la fille  de Pharaon dans les roseaux des eaux  du Nil où il a été abandonné par sa mère. Il fut instruit dans toute la sagesse des Egyptiens au cours de ses 40 premières années. Il s’est imposé un exil de quarante ans dans le pays de Madian avant de devenir le conducteur d’Israël. Dieu s’est servi à la fois de l’éducation égyptienne de Moise et de son exil en Madian pour le préparer aux quarante dernières années de sa vie où il devrait  représenter son peuple devant un Pharaon puissant, et guider ce peuple dans le désert de la péninsule du Sinaï. Moise mourut sur le mont Nébo alors qu’il avait 120 ans.

L’histoire de Moise  dans le désert commence  par son séjour à Madian auprès de son beau-père Jéthro. Il rencontra Dieu pendant qu’il paissait le troupeau au désert sur la montagne de Horeb quand il vit le buisson ardent qui ne se consumait  pas.  Il s’y approcha pour contempler de près ce phénomène. Dieu lui parla en l’appelant par son nom. Dieu se présenta comme Dieu de ses pères Abraham, Isaac et Jacob. Il le désigna pour accomplir une mission très délicate de faire sortir le peuple d’Israël d’Egypte pour un endroit meilleur où il sera libre.  Du coup, un dialogue  s’ensuit entre Dieu et Moise.

Moise ayant trouvé délicate cette mission,  il chercha  à réunir toutes les assurances possibles pour mener la tâche.  Alors, après tergiversations, il fut convaincu d’agir et de se mettre à la tête de ses frères dès la sortie d’Egypte pour la terre promise. A leur sortie, les enfants d’Israël étaient obligés de passer par les déserts successivement du Sinaï, de Paran et de Sin.

Dans sa façon de conduire son peuple, Dieu utilisa  une méthode compliquée avec beaucoup de détours au lieu de l’amener directement à l’endroit désigné. C’est ainsi que Moise devait parcourir des kilomètres d’itinéraires pour faire entrer Israël dans la terre promise. On dit que le Seigneur conduit toujours sur une route tortueuse. Pourquoi ? C’est pour découvrir ses merveilles en commençant par le découvrir lui-même dans ses différentes facettes.

Les enfants d’Israël commencèrent leur marche sous la conduite de Moise après la 10ème plaie en traversant la mer Rouge. Ils vont à la rencontre du Seigneur, mais d’une manière étrange. Les trajectoires ne sont ni directes ni rapides, mais ce sont des voies détournées avec beaucoup d’embûches, de guerres parce qu’ils devaient traverser les territoires d’autrui.

En effet, Israël n’avait pas une armée structurée quoiqu’ayant des armes (Exode 13 : 18); et Dieu voulait former une armée pour ce peuple appelé à faire face à plusieurs nations aguerries. La formation commence à la traversée de la mer Rouge où le peuple remporta une victoire sur Pharaon et son armée sans toutefois combattre. La Bible  dit que Dieu ne conduisit  point son peuple par le chemin du pays des Philistins, quoique le plus proche. Pourquoi ? Il y avait risque qu’il se repente en voyant la guerre et vouloir retourner en Egypte. Dieu fit faire au peuple un détour par le chemin du désert vers la mer Rouge (Exode 13 :17- 18).

La leçon première à tirer c’est de compter sur Dieu seul.  Quand Moise reçut l’ordre de partir, il demanda à Dieu de marcher avec eux, sinon ils ne quitteraient par le lieu. La victoire au bord de la mer Rouge était une démonstration de la puissance de Dieu. Cela devait accroitre la confiance en Dieu.

Lorsque Pharaon et son armée s’approchèrent de la mer Rouge où campait Israël, la peur envahit le peuple d’Israël  qui ne savait que faire. Moise, sûr de l’intervention divine, rassura le peuple de ne pas avoir peur. Il renforça son leadership et prit courage pour apaiser le peuple (Exode 14 : 13-14).  Surtout, il agit sous la dépendance de Dieu en exécutant les ordres que Dieu lui donnait ; signe de la confiance totale en ce  Dieu qui l’accompagnait comme il le lui avait promis.

L’intervention de Dieu  consolida  le leadership de Moise auprès du peuple qui le craignit  et craignit ainsi le Seigneur. Moise crut davantage en la fidélité de Dieu à en croire le cantique  qu’ils ont chanté dans Exode 15.

Une deuxième leçon à tirer est que la conduite de Dieu est différente de celle des hommes, lui qui peut intervenir en dernière minute de l’histoire ; il est au contrôle de tout. Dans ce désert au bord de la mer, c’est l’extermination qui se présentait comme alternative, mais Dieu démontra sa puissance de guerrier.

Désert ou école de la foi

Moise,  en tant que leader, devait donner un modèle d’obéissance à ses frères surtout après cette délivrance de la mer Rouge. C’était cela le secret pour réussir la  suite de la marche dans le désert ; c’est ce que Dieu voulait,  et pour y arriver il utilise ce long trajet du désert pour faire passer Moise et Israël dans l’école de discipline. 

Dieu passe toujours par Moise pour transmettre les instructions à son peuple ; il fait respecter la hiérarchie, la chaine de commande parce que c’est un Dieu d’ordre. Quand il réclama l’eau, Dieu demanda à Moise de jeter un bois spécifique  dans les eaux amères ; et lorsque Moise obéit aux ordres, les eaux de Mara devinrent douces et potables pour boire (Exode 15 : 23-25). Dieu donna des lois et commandements au peuple pour son bien. Le désert devient pour Moise une école de foi, parce qu’il voit sa foi croître.

Pour obéir à quelqu’un, il faut bien écouter et comprendre ce qu’il dit. C’est ainsi que l’apôtre Paul dit que « la foi vient de ce qu’on entend et ce qu’on entend vient de la Parole de Christ »        ( Rm 10 :17).  L’obéissance produisit du fruit ; Israël se retrouva avec 12 sources et 70 palmiers à Elim ; une véritable  oasis (Exode 15 : 27).

A l’étape du désert de Sin, le peuple vécu la réalité de la prière que Jésus avait appris à ses disciples de dire à Dieu : « Donne aujourd’hui notre pain quotidien » (Matthieu 6 :11). Dieu donne de la nourriture à son peuple en lui demandant de ne pas en garder pour le lendemain parce qu’à chaque jour sa part. Mais, le peuple est perfide et sceptique, il collecte la part du jour et du lendemain, craignant d’en manquer demain. C’est un manque de foi et de confiance, Dieu leur donne une leçon en rendant infecte cette nourriture devenue inconsommable ; et pourtant la part du septième jour ramassée le sixième jour ne fut pas infectée parce que c’était dans la volonté de Dieu (Exode 16 : 12-27).

Dans un désert sans eau, Dieu donne des sources ; sans plantes, il donne des palmiers ; sans nourriture, il donne du pain (la manne) et la viande (cailles). Dans ce désert de Sin, le Seigneur voulait  apprendre à son peuple qu’il contrôle  tout en toutes circonstances et que le peuple devait lui faire confiance en tout. C’est une école de confiance qui nous donne la leçon sur la foi totale en Dieu ; lui qui sait  donner chaque chose en son temps parce qu’il gère selon son omniscience. Ainsi Jésus nous demande dans Matthieu 6 :31-34 de ne  pas nous inquiéter de ce que nous mangerons, boirons et porterons demain parce que Dieu s’occupe du lendemain ; il donne pour aujourd’hui, et le lendemain lui appartient.

Dans ce désert de Sin, Dieu voulait extirper l’esprit d’autosuffisance dans son peuple afin qu’il compte sur lui et aie des yeux fixés uniquement sur lui seul, étant donné qu’il  ne pouvait pas aller chercher ailleurs dans ce désert vide.

Ben

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