Kinshasa - RD Congo 16/11/2019:

FELIX TSHISEKEDI INTERPELLE : Election des Gouverneurs : comment empêcher la corruption

Les nouvelles en provenance de chacune des 26 provinces du pays, en rapport avec l’élection des Gouverneurs en gestation, ne sont pas rassurantes. Si le nouveau président n’y prend pas garde, beaucoup de Gouvernorats risquent de tomber entre les mains de pires prédateurs.

Il se trouve, en effet, des candidats gouverneurs qui ne comptent que sur leur puissance financière pour prendre la tête des provinces. Ils n’ont aucun programme, aucune vision, à part dépenser leur argent dans l’espoir de le récupérer le plus rapidement possible.

Ces personnages constituent un grave danger pour la République, et il faudrait que le nouveau président prenne toutes les dispositions en vue d’endiguer ce fléau.

Complices

Certes, la tâche est l’une des plus compliquées au monde. Pour autant qu’elle entre dans le cadre de la lutte contre la corruption. Or, rien n’est plus diffus et difficile à cerner que la réalité de la corruption.

Surtout lorsqu’il s’installe une complicité ouverte entre le corrupteur et les corrompus. Or, dans le cas d’espèce, il se trouve que la plupart des élus provinciaux, si pas tous, sont souvent les premiers complices des candidats corrupteurs.

Deals

Le souci de sortir à la vitesse de la lumière de la misère d’où viennent la plupart des nouveaux élus, pousse ces derniers à accepter des deals qui leur permettent ce qu’il faudra attendre après des émoluments cumulés d’une année.

Les nouveaux élus ont besoin de confort rapide et immédiat. Ce que ne peuvent permettre des émoluments mensuels. Avec les candidats corrupteurs, il y a ce sacré avantage de se retrouver, du coup, avec une petite fortune représentant une année voire deux ans d’émoluments.

Cette situation rend fertile et incernable le terrain de la corruption. Pourtant, si les provinces tombaient entre les mains d’aventuriers, il est clair que cela va plomber l’élan de progrès et de développement que le président Félix entend imprimer au pays.

Obligé

La réussite de son mandat passe par la maîtrise de la territoriale. Non pas que celle-ci soit tout entière CASH-FCC, mais qu’elle soit animée par des hommes intègres. C’est le plus important.

Avec des Gouverneurs prédateurs, le temps de découvrir leurs magouilles, d’actionner les mécanismes de leur déchéance et de les déférer devant la justice, quel gaspillage de temps !

Félix Tshisekedi est ainsi obligé de se pencher sérieusement sur la question du vote des Gouverneurs. Il faudrait, d’ici le début officiel de la campagne, mettre en place des mesures de dissuasion efficace contre les corrupteurs et les corrompus.

Déclaration

Il serait, par exemple, question d’exiger de toute urgence la déclaration sous scellé de la fortune de chaque député provincial. De sorte à ce qu’un service monitoring, dépendant des services du Conseiller spécial du Chef de l’Etat en matière de lutte contre la corruption, puisse suivre le train de vie des élus provinciaux entre la campagne et le vote.

Dans les pays avancés en matière de lutte contre la corruption, toute acquisition d’un bien ou toute situation financière au niveau de son compte que ne saurait justifier son traitement mensuel, devient l’objet d’une enquête judiciaire. La recette est à appliquer à tout prix au Congo.

Choix

C’est ici le moment d’interpeller le président Félix qui doit rapidement lever l’option entre continuer avec le conseiller en matière de lutte contre la corruption laissé par Kabila ou en nommer un urgemment en vue de barrer la route aux candidats gouverneurs corrupteurs.

Dans un cas comme dans l’autre, ce conseiller doit être doté de tous les moyens pour affronter la situation sur le terrain.

Il y a péril en la demeure. La nation est en danger. Le Chef de l’Etat doit agir de toute urgence.

MAGG MIKOMBE

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