Kinshasa - RD Congo 26/04/2019:

ATTENDU A KINSHASA LE MERCREDI 13 MARS A KINSHASA : Le «Monsieur Afrique» de Donald Trump pour baliser la visite de Tshisekedi à Washington

La République démocratique du Congo constitue l’une des étapes importantes de la tournée du secrétaire adjoint en charge des affaires africaines au Département d’Etat, Tibor Nagy. Il est attendu à Kinshasa le mercredi 13 mars prochain. Il sera reçu officiellement par le président de la République. Cette visite intervient après celle de Peter Pham, l’envoyé spécial des USA pour la région des Grands Lacs.

De bonnes sources, il nous revient d’apprendre que le «Monsieur Afrique» de Donald Trump devra aussi évoquer avec le chef de l’Etat sa prochaine visite à Washington. Mais déjà, avant de s’embarquer hier lundi le 5 mars pour une tournée africaine, le patron des affaires africaines au Département d’Etat a lancé quelques signaux forts.

Sur RFI, il a confirmé que de « toute évidence » le processus électoral a été marqué par des « problèmes majeurs », ce qui explique notamment les sanctions annoncées récemment contre plusieurs responsables congolais.

La meilleure élection de l’histoire congolaise

 Mais il considère qu’avec le recul du long terme, ce processus marque tout de même une évolution  « positive » avec le départ de Joseph Kabila et l’arrivée « d’un opposant à la tête du pays ». Pour le secrétaire d’Etat adjoint des Etats-Unis pour les Affaires africaines, cette élection reste donc « la meilleure de l’histoire de la RDC ». Il estime qu’il faut désormais laisser « du temps » à Félix Tshisekedi pour « créer son propre espace politique » et n’exclut pas que la RDC puisse connaître, à terme, un scénario à l’angolaise.

Dans une interview à Jeune Afrique lundi 4 mars dernier, Tibor Nagy a ajouté : « C’est probablement la meilleure élection que le Congo ait jamais connu jusqu’à maintenant. Je comprends tout à fait et je respecte la manière dont les médias voient le monde : ils traitent d’événements. Les universitaires et les analystes s’intéressent plutôt aux processus. Si vous regardez les élections comme un événement isolé, bien sûr, vous lui trouverez d’importants défauts. Mais comme partie d’un processus, elles sont très positives. Ce qui est primordial, c’est que Joseph Kabila soit parti. Je pense que c’est une nouvelle ère pour la RDC. Les Congolais auxquels j’ai parlé sont, de manière intéressante, très optimistes ».

En Occident, certains groupes regardent beaucoup en arrière. Nous voulons aller de l’avant. Nous voulons coopérer avec le président Tshisekedi pour voir comment nous pouvons servir la cause du Congo et en finir avec ces choses horribles qui ont plongé le pays dans la misère ».

Et de préciser sur les sanctions américaines à l’encontre de principaux organisateurs des élections en République démocratique du Congo : « Pour moi, c’est très cohérent. Des millions de Congolais se sont rendus aux urnes de bonne foi. La majorité des candidats eux-mêmes a participé aux élections de bonne foi, en dépit de ce que disent les analystes. De l’autre côté, nous avons dit, tout au long du processus électoral, que ceux qui interfèrent dans le processus démocratique, ou provoquaient des violences, seraient passibles de sanctions des États-Unis. Certains s’en sont rendus coupables. Par conséquent, les États-Unis étaient fondés à appliquer des sanctions . Avec un processus qui connaît des problèmes significatifs, vous pouvez néanmoins avoir un résultat positif . Je ne donnerai pas dans les détails concernant chaque individu. Mais chaque situation a été étudiée avec beaucoup d’attention. Et d’autres sont encore en train d’être analysées. Ne soyez pas surpris si d’autres noms sortent dans un futur proche. Nous sommes très déterminés».

Plaidoyer pour les prisonniers politiques camerounais

Après l’Afrique de l’Ouest en fin d’année dernière, le secrétaire d’Etat adjoint des Etats-Unis pour les Affaires africaines est attendu au Cameroun, au Rwanda, en Ouganda. Il a fait aussi deux étapes en Europe : en Belgique et en France où il a débuté sa tournée hier lundi.

Le Cameroun est l’avant-dernière étape de la tournée africaine de Tibor Nagy mais ce n’est pas la moindre de ses préoccupations. Le « Monsieur Afrique » de Donald Trump y est attendu le 17 mars.

L’émissaire du président américain devrait inciter les autorités du pays à être « plus sérieuses » dans leur gestion de la crise du Cameroun anglophone. Les quelques mesures, « symboliques », dit-il, prises jusqu’à présent ne suffisent pas et la crise est « extrêmement grave » à ses yeux et ne cesse de s’aggraver. Tibor Nagy devrait également plaider en faveur de l’opposant Maurice Kamto et de ses coaccusés. Toujours en prison, ils doivent être fixés ce mercredi 6 mars sur leur demande de libération provisoire.

« Le gouvernement camerounais assure qu’il a été arrêté et emprisonné pour des raisons légitimes. Moi, je pense vraiment qu’il serait très sage de le libérer. Parce que, que ce soit vrai ou faux, il est perçu comme ayant été incarcéré pour ses activités politiques », explique Tibor Nagy.

Kevin M.

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