Kinshasa - RD Congo 15/07/2019:

LETTRE PASTORALE : Eteindre le brasier de l'Est

Les Etats de Grands lacs ont longtemps joué avec le feu pour plaire aux intérêts des multinationales au point que l'implosion tant redoutée hypothèque tout développement de cette partie du continent plongée dans un cycle de violence interminable. Et pourtant, tout semble réuni pour que les pays partageant cet espace riche en minerais, ressources agricoles et du tourisme décolle sans trop d'investissements étrangers.

En effet, la simple comptabilité de groupes rebelles (centaine) écumant les forêts et montagnes des Grands lacs pour exploiter les ressources naturelles sans aucune contrepartie au trésor public en dit long sur le danger permanent que représente cette région. Chaque jour qui passe, le nombre de victimes d'assassinats, d'enlèvements, de familles déplacées ne cesse d'augmenter. Le drame dans cette crise qui perdure est que cette poudrière poursuit ses désastres en présence de milliers de soldats onusiens postés en RDC.

On aura parlé de minerais de sang, de la loi Dodd-Frank, du processus de Kimberley…, les multinationales continuent à sévir dans les Grands lacs. Un véritable défi pour le Chef de l'Etat congolais nouvellement élu qui a bénéficié du suffrage de ces populations et qui, en retour, attendent beaucoup de lui. Sauf que dans la démarche, le travail paraît plus laborieux qu'on le croirait car il faut désamorcer les réseaux internes qui entretiennent ces rébellions, attaquer les multinationales au niveau de la justice internationale, renforcer le contrôle aux frontières grâce à une administration bien équipée, créer des emplois pour désintéresser les jeunes à la tentation des armes.

Bref, il y a toute une litanie de mesures qu'il faut prendre en associant les Etats de la région, qui s'enrichissent sur le dos du Congo en servant de pays de transit des minerais. A cet effet, des enquêtes fouillées et documentées doivent être menées pour mettre à nu les chaines de destruction de la vie des populations à l'Est.

Déjà, le message fort lancé par la promulgation du Code minier révisé a suffi pour rappeler qu'au Congo le Gouvernement a l'œil ouvert sur ses ressources naturelles. Mieux encore, il convient d'accompagner cette réforme par des mécanismes puissants qui font généralement défaut ou qui sont mal appliqués par les responsables.

Il suffit donc d'ôter la main invisible des multinationales, des Etats voisins et des Congolais pour que la paix revienne à l'Est où les populations peuvent vivre autrement que sous le bruit des bottes.

MOTA SETI

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