Kinshasa - RD Congo 26/08/2019:

Les Kinois vivent de façon misérable. En témoigne : le contenu de leurs poubelles

Djeskain H, spécialiste en sociométrie ( méthode qui observe non seulement les relations individuelles des membres d’un même groupe à partir d’analyses quantitatives et mais aussi qualitatives, par exemple sur le plan alimentaire, logement, etc), est formel : les Kinois dans leur majorité, manquent cruellement de qualité de vie. Que cela concerne l’habitat, le transport, la scolarisation, les soins de santé : tout est d’une qualité médiocre.

Dans ses observations qu’il a communiquées à notre rédaction, notre expert se contente seulement de constater. Car, fait-il observe, il ne lui appartient pas de donner des pistes de solutions pour résoudre ce problème de qualité de vie inférieure qui incombe plutôt aux instances dirigeantes qui, depuis des décennies, nous ressassent les oreilles avec l’amélioration du social.

Se référant particulièrement à ce que mangent les Kinois, Djeskain H ne peut en tout cas pas taire son horreur. Comment comprendre que des gens dits civilisés et qui se vantent de leur qualité de citadins (par rapport aux « mbokatiers » comme ils désignent tous ceux qui viennent de l’intérieur) puissent se complaire dans des « malewa » voisins des décharges publiques, ne se lavent pas les mains avant et après ce repas sommaire ?

Mais, ce qui encore plus, démontre la mauvaise alimentation des Kinois, c’est le contenu de leurs poubelles quand ils en possèdent. Notre sociométre qui n’a rien laissé au hasard, a arpenté au cours de plus d’un an, plusieurs communes de Kinshasa, épiant le contenu des poubelles ou des détritus versés à même la rue. Il a constaté que l’inventaire de ces déchets domestiques constitue un véritable indicateur de la pauvreté du Kinois. Selon les calculs concoctés au fil de ses observations, parmi ces déchets, on retrouve 60% des restes de feuilles de manioc, « matembele » et « ndunda », 25% sont constitués d’arrêtes de « mpiodi », d’os rongés à l’extrême des « makoso » et autres volailles, le reste étant des cadavres de demi-boîtes de tomates, des bouteilles plastiques et autres résidus non identifiables.

En tout cas, ce n’est pas demain la veille que les Kinois atteindront la société de consommation, car ils ont encore du mal à remplir correctement leurs panses. A quand donc l’amélioration du social des Kinois en particulier et des Congolais en général ? Mais qui va donc répondre à cette interrogation ?

Kalume L. DUK

Copyright © 2019 Nabii Samweli House - Tous droits réservés.