Kinshasa - RD Congo 26/08/2019:

Mise en place au sein du portefeuille : Tshisekedi empêtré dans des contradictions

Que valent le parler et l’agir d’un Chef d’Etat sous les tropiques africains ?  Dans la célèbre série de dessin animée de Walt Disney, Simba, administrant une leçon mémorable du pouvoir à son fils, Mufassa dit à ce dernier : « Le devoir d’un monarque va au-delà de sa volonté d’agir ».

Alors question à un franc. Quel est le devoir réel de Fatshi en tant que nouveau président du Congo depuis le 24 janvier 2019 et quelle a été globalement la volonté d’agir de ce dernier ?

Il semble sincèrement que le nouveau locataire du Palais de la Nation n’est pas parvenu à cerner ces deux notions encore moins à établir un distinguo entre elles.

Valse inexplicable

Au fait et soyons plus concret : comment expliquer de manière rationnelle, sur la base des seuls principes impersonnels, le rejet de la candidature d’Albert Yuma à la Primature pour le reconduire comme PCA à la Gécamines ?

Quelle est finalement le fondement de la philosophie politique du Chef de l’Etat ? Quel est par ailleurs son fondement moral en politique ?

Que l’on sache, une République forme un tout infractionnable au gré de ses lubies et marottes. Autant la fonction de Premier ministre parait plus emblématique, autant toutes les autres fonctions conservent leurs valeurs symboliques inaltérables.

Si le profil d’un personnage ne sied pas pour la Primature, il ne peut, par parallélisme de forme, occuper un poste stratégique au sommet de l’Etat.

La Gécamines constitue un rouage incontournable dans le processus de relance de l’économie nationale et du développement. Jusqu’à preuve du contraire, elle reste la mère nourricière, mais spoliée et mal rétribuée, du secteur minier katangais.

Il est donc impossible d’envisager le développement du pays sans tabler sérieusement sur la reprise de ce géant.

A moins que Félix nous dise que sa morale politique se trouve basée sur la segmentation de la République, comme un assemblage composite dont les éléments fonctionnent  suivant des variables non constant.

Si Yuma n’est pas bon pour la Primature, mais l’est pour piloter la Gécamines, c’est que le pays est régie par un arbitraire inexplicable et, somme toute, dangereux pour son évolution dans le quinquennat.

Sncc

Il en est de même de la mise en place intervenue à la Sncc. Si Yuma et les autres caciques du Fcc ne font pas recette, aucun Congolais sensé n’accepterait, au regard de son parcours des plus controversés ainsi que de son profil général qu’un Kyungu wa Kumwanza soit dispensé de figurer sur la liste des indésirables.

Surtout que le personnage ne possède aucune expertise ni référence connue en matière de gestion du portefeuille. Que Félix nous donne une seule preuve de bonne gouvernance de l’homme à quelque niveau que ce soit.

Kyungu, c’est plutôt le modèle du politicien achevé, qui ne comprend rien au charabia de la bonne gouvernance et de l’orthodoxie de gestion.Le catapulter à la tête d’une entreprise publique agonisante, qui ne croit presque plus en sa relance, constitue un non-sens criant.

On comprend  plutôt que l’un des critères occultes du Président de la République repose sur le clientélisme. Tout le monde a vu comment, dès son entrée en fonction, le Baba du Katanga s’est lancé dans une vaste et pressante entreprise de basse flatterie et de génuflexion face au nouveau pouvoir.

Félix en a littéralement été sonné qu’il a accordé à Kyungu le statut de père. Evident donc que flatter le nouveau monarque est une blanchisserie qui permet d’absoudre son auteur.

Primature

N’importe comment, la série de mises en place opérées par Fatshi au sein du portefeuille ne laisse présager rien de bon. Pour autant que le processus semble n’avoir répondu à aucun fondement rationnel. L’arbitraire a imposé son tempo.

Comme il en va de la nomination d’Ilunga Ilunkamba à la Primature. Cette fumée blanche qu’avait annoncée avec emphase le Chef de l’Etat aux diplomates de l’Union Européenne est tout ce qu’il y a de paradoxal.

En effet, du point de vue du critérium établi par Félix, l’heureux promu est, de part sa texture, plus proche et à tout point de vue égal à Yuma Albert. Le choisir au détriment de ce dernier revient purement et simplement à déshabiller Saint Pierre pour habiller Saint Paul.

MAGG MIKOMBE

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