Kinshasa - RD Congo 26/06/2019:

Lettre pastorale : Le déboulonnage compliqué

La nomination des mandataires publics dans deux sociétés stratégiques pour l’économie congolaise divise en deux l’opinion qui a difficile à lire entre les lignes la volonté affichée du Chef de l’Etat d’imprimer une nouvelle manière de manager les affaires publiques, particulièrement au Gouvernement et dans les entreprises publiques.

En effet, d’aucuns redoutent que ces nominations qui ressemblent à des « gratifications » donnent une idée des cogitations de Kisantu autour du partage des portefeuilles entre le Front Commun pour le Congo et le Cap pour le changement. Les analystes redoutent, à ce sujet, le spectre du retour des anciens ministres des gouvernements précédents au bilan peu élogieux.

Mais, au-delà des conjectures qui fusent dans l’opinion, il est encore temps de s’interroger sur les critères que les coalisés ont mis en place pour choisir les futurs mandataires publics. Car, on a la nette impression que ces critères n’existent pas encore entre ces deux alliés aux valeurs extrêmement opposées et qui ont difficile à s’entendre sur l’essentiel.

En effet, les nominations à la Gécamines et à la SNCC ont montré que la classe politique souffre encore de « l’absence » d’un personnel qualifié pour conduire la locomotive du changement. Le personnel, c’est l’une de grandes faiblesses des différents Gouvernements congolais entrainés dans un engrenage sans fin des résultats négatifs qui nous condamnent à un budget de 5 milliards de dollars loin derrière l’Angola avec ses 36 milliards de dollars.

Bien sûr que les défis entre les deux pays ne sont pas les mêmes (superficie, population, mode de gestion…), mais le Congo doit réinventer son management public pour ne pas passer à côté des attentes des populations, qui se résument au mieux-être. Car, échouer avec toutes les ressources minières, agricoles, énergétiques, touristiques dont dispose le Congo avec un peuple courageux et dynamique relève du surréalisme.

Le Rwanda voisin, l’Angola, le Kenya nous donnent des leçons in vitro qui doivent inspirer les gouvernants pour marquer une rupture avec un passé sombre qui semble poursuivre le pays et menace la confiance placée au nouveau Chef de l’Etat. La parenthèse Gécamines-SNCC fermée, Félix-Antoine Tshisekedi peut se racheter avec une équipe gouvernementale convaincante au lieu de reproduire des schémas improductifs qui ont fait leur temps.

MOTA SETI

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