Kinshasa - RD Congo 09/12/2019:

Religion : La problématique de la gestion des offrandes dans les églises de réveil

On a vite oublié que la mission principale de l’Eglise est de prêcher l’Evangile au monde en apprenant aux fidèles de comprendre le plan de Dieu pour le monde. Pour atteindre cet objectif divin, l’église a besoin des ressources qui doivent être bien gérées. En cette matière, la gestion dans les églises pose problème.

La megestion des ressources de l’église pousse beaucoup de fidèles à quitter ces églises pour éviter d’être scandalisés, tandis que les collaborateurs immédiats des pasteurs incriminés qui n’y trouvent pas leurs comptes, quittent pour démarrer des nouvelles églises. D’où la naissance effrénée des églises de réveil.
ORIGINE

Ces églises de réveil prennent leur origine du mélange ou plutôt de la fusion du protestantisme et du pentecôtisme, selon les uns ; du sommeil ou plutôt du vide spirituel qui s’est créé au cours de ces deux millénaires qui viennent de s’écouler après l’anéantissement de l’église primitive des premières ères chrétiennes, selon les autres. Il s’est créé alors ce courant d’idées parmi certains chrétiens qui voulaient restaurer les anciennes habitudes des pionniers du christianisme tel qu’on le lit dans la Bible. Ils ont, alors appelé ce mouvement « le réveil chrétien ».

Nous voulons ici parler de la manière dont les pasteurs de ces églises gèrent les offrandes et les biens offerts par les fidèles dans les églises.

PROBLEMATIQUE DE LA GESTION DES RECETTES

Des milliers de fidèles sont attirés par ces églises dites de réveil, qui leur font croire qu’un miracle va changer leur vie en leur rendant au centuple l’argent ou les biens donnés à l’église. Les gens se laissent plus volontiers séduire par cet évangile de la prospérité qui enrichit les pasteurs et appauvrit les fidèles. Dans les églises de réveil, « semer » signifie « donner  de l’argent ou un bien quelconque».Et, « Dieu vous les rendra au centuple et résoudra vos problèmes», ne cessent de crier lespasteurs deces églises à longueur des journées pour convaincre. Dans un pays en voie de développement comme le notre, ce discours fait mouche. Des centaines des milliers de fidèles, surtout les plus pauvres, sont séduits par ce  « discours de la prospérité ». Ils se pressent sur les bancs de ces églises dans l’espoir de sortir de la pauvreté et de trouver des solutions à leurs problèmes. Les plus fortunés  espèrent, eux, accumuler d’avantage de richesses tandis que les gens aux revenus modestes attendent un miracle. Tous  s’offrent dans le but de gagner plus. Et les fidèles lorsqu’ils sont ruinés jusqu’au bout après avoir tant semé, et rien récolté, beaucoup finissent  par se retrouver encore plus pauvres qu’avant. Les plus naïfs qui ne se découragent pas, vont  d’une église à l’autre. « Car si ton Dieu est mort, essaies le mien », leur dit un chant religieux. Une rivalité s’est ainsi installée entre les églises qui se disputent les fidèles.

En effet, l’offrande peut être l’expression d’un cœur juste et agréable à Dieu ou alors au contraire une démarche profondément égocentrique qui vise à obtenir des privilèges en influençant le monde spirituel. Ce marchandage païen, est la raison de commerce de la plupart des églises de réveil. Avec cette dérive, les pasteurs de ces églises promettent monts et merveilles, guérisons et bénédictions par les offrandes. Avec cette conception de l’offrande, Dieu est présenté comme un Dieu pourvoyeur qui distribue automatiquement ses bénédictions en échange des biens matériels. Cette vision n’est pas compatible avec le Dieu qui s’est abaissé jusqu’à la mort sur la croix pour donner ses richesses aux hommes.

« Apportez à la maison du trésor toutes les dimes, afin qu’il y ait de la nourriture dans ma maison », dit le Seigneur dans Malachie3 :10. Et 2Corinthiens 9 :7 dit « que chacun donne comme il l’a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte ; car Dieu aime celui qui donne avec joie ». Cela voudrait dire simplement que les fidèles devraient donner ce pour lequel ils sont capables, conformément à leur revenu. Cela signifie qu’on donne selon ses moyens ; ainsi on peut parfois donner plus, parfois moins et tout cela dépend de la capacité du fidèle. 

Il est vrai que les offrandes et les libéralités doivent être données selon son propre vouloir mais beaucoup de pasteurs dans les églises de réveil insistent intensément, pour des raisons les plus souvent intéressées. Au point où les enseignements sur les offrandes  deviennent de plus en plus douteux et volontairement orientés vers le gain, l’avarice et l’enrichissement. Il est enseigné que pour recevoir les bénédictions de Dieu, il faut au préalable beaucoup donner  et il existe des églises de réveil où chaque rassemblement est une occasion toute indiquée pour exercer la culpabilité financière sur les fidèles.

Où est alors  cette libéralité de donner selon le désir de son cœur et selon ses moyens ? Cupidité oblige, les leaders de ces églises tombent dans la mauvaise gestion et se versent dans le détournement des biens de l’église pour ne pas dire dans le vol des recettes  et autres ressources de l’église pour en changer la destination. On s’acquiert voitures, on construit maisons, et on se tape voyages. Voilà comment sont gérées les recettes de l’église qui doivent servir à l’évangélisation et à l’implantation de nouvelles églises, et autres besoins.

Alice Musau

Last modified on Friday, 09 August 2013 19:02
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