Kinshasa - RD Congo 26/06/2019:

La nomination des mandataires publics dans deux sociétés stratégiques pour l’économie congolaise divise en deux l’opinion qui a difficile à lire entre les lignes la volonté affichée du Chef de l’Etat d’imprimer une nouvelle manière de manager les affaires publiques, particulièrement au Gouvernement et dans les entreprises publiques.

En effet, d’aucuns redoutent que ces nominations qui ressemblent à des « gratifications » donnent une idée des cogitations de Kisantu autour du partage des portefeuilles entre le Front Commun pour le Congo et le Cap pour le changement. Les analystes redoutent, à ce sujet, le spectre du retour des anciens ministres des gouvernements précédents au bilan peu élogieux.

Mais, au-delà des conjectures qui fusent dans l’opinion, il est encore temps de s’interroger sur les critères que les coalisés ont mis en place pour choisir les futurs mandataires publics. Car, on a la nette impression que ces critères n’existent pas encore entre ces deux alliés aux valeurs extrêmement opposées et qui ont difficile à s’entendre sur l’essentiel.

En effet, les nominations à la Gécamines et à la SNCC ont montré que la classe politique souffre encore de « l’absence » d’un personnel qualifié pour conduire la locomotive du changement. Le personnel, c’est l’une de grandes faiblesses des différents Gouvernements congolais entrainés dans un engrenage sans fin des résultats négatifs qui nous condamnent à un budget de 5 milliards de dollars loin derrière l’Angola avec ses 36 milliards de dollars.

Bien sûr que les défis entre les deux pays ne sont pas les mêmes (superficie, population, mode de gestion…), mais le Congo doit réinventer son management public pour ne pas passer à côté des attentes des populations, qui se résument au mieux-être. Car, échouer avec toutes les ressources minières, agricoles, énergétiques, touristiques dont dispose le Congo avec un peuple courageux et dynamique relève du surréalisme.

Le Rwanda voisin, l’Angola, le Kenya nous donnent des leçons in vitro qui doivent inspirer les gouvernants pour marquer une rupture avec un passé sombre qui semble poursuivre le pays et menace la confiance placée au nouveau Chef de l’Etat. La parenthèse Gécamines-SNCC fermée, Félix-Antoine Tshisekedi peut se racheter avec une équipe gouvernementale convaincante au lieu de reproduire des schémas improductifs qui ont fait leur temps.

MOTA SETI

Que valent le parler et l’agir d’un Chef d’Etat sous les tropiques africains ?  Dans la célèbre série de dessin animée de Walt Disney, Simba, administrant une leçon mémorable du pouvoir à son fils, Mufassa dit à ce dernier : « Le devoir d’un monarque va au-delà de sa volonté d’agir ».

Alors question à un franc. Quel est le devoir réel de Fatshi en tant que nouveau président du Congo depuis le 24 janvier 2019 et quelle a été globalement la volonté d’agir de ce dernier ?

Il semble sincèrement que le nouveau locataire du Palais de la Nation n’est pas parvenu à cerner ces deux notions encore moins à établir un distinguo entre elles.

Valse inexplicable

Au fait et soyons plus concret : comment expliquer de manière rationnelle, sur la base des seuls principes impersonnels, le rejet de la candidature d’Albert Yuma à la Primature pour le reconduire comme PCA à la Gécamines ?

Quelle est finalement le fondement de la philosophie politique du Chef de l’Etat ? Quel est par ailleurs son fondement moral en politique ?

Que l’on sache, une République forme un tout infractionnable au gré de ses lubies et marottes. Autant la fonction de Premier ministre parait plus emblématique, autant toutes les autres fonctions conservent leurs valeurs symboliques inaltérables.

Si le profil d’un personnage ne sied pas pour la Primature, il ne peut, par parallélisme de forme, occuper un poste stratégique au sommet de l’Etat.

La Gécamines constitue un rouage incontournable dans le processus de relance de l’économie nationale et du développement. Jusqu’à preuve du contraire, elle reste la mère nourricière, mais spoliée et mal rétribuée, du secteur minier katangais.

Il est donc impossible d’envisager le développement du pays sans tabler sérieusement sur la reprise de ce géant.

A moins que Félix nous dise que sa morale politique se trouve basée sur la segmentation de la République, comme un assemblage composite dont les éléments fonctionnent  suivant des variables non constant.

Si Yuma n’est pas bon pour la Primature, mais l’est pour piloter la Gécamines, c’est que le pays est régie par un arbitraire inexplicable et, somme toute, dangereux pour son évolution dans le quinquennat.

Sncc

Il en est de même de la mise en place intervenue à la Sncc. Si Yuma et les autres caciques du Fcc ne font pas recette, aucun Congolais sensé n’accepterait, au regard de son parcours des plus controversés ainsi que de son profil général qu’un Kyungu wa Kumwanza soit dispensé de figurer sur la liste des indésirables.

Surtout que le personnage ne possède aucune expertise ni référence connue en matière de gestion du portefeuille. Que Félix nous donne une seule preuve de bonne gouvernance de l’homme à quelque niveau que ce soit.

Kyungu, c’est plutôt le modèle du politicien achevé, qui ne comprend rien au charabia de la bonne gouvernance et de l’orthodoxie de gestion.Le catapulter à la tête d’une entreprise publique agonisante, qui ne croit presque plus en sa relance, constitue un non-sens criant.

On comprend  plutôt que l’un des critères occultes du Président de la République repose sur le clientélisme. Tout le monde a vu comment, dès son entrée en fonction, le Baba du Katanga s’est lancé dans une vaste et pressante entreprise de basse flatterie et de génuflexion face au nouveau pouvoir.

Félix en a littéralement été sonné qu’il a accordé à Kyungu le statut de père. Evident donc que flatter le nouveau monarque est une blanchisserie qui permet d’absoudre son auteur.

Primature

N’importe comment, la série de mises en place opérées par Fatshi au sein du portefeuille ne laisse présager rien de bon. Pour autant que le processus semble n’avoir répondu à aucun fondement rationnel. L’arbitraire a imposé son tempo.

Comme il en va de la nomination d’Ilunga Ilunkamba à la Primature. Cette fumée blanche qu’avait annoncée avec emphase le Chef de l’Etat aux diplomates de l’Union Européenne est tout ce qu’il y a de paradoxal.

En effet, du point de vue du critérium établi par Félix, l’heureux promu est, de part sa texture, plus proche et à tout point de vue égal à Yuma Albert. Le choisir au détriment de ce dernier revient purement et simplement à déshabiller Saint Pierre pour habiller Saint Paul.

MAGG MIKOMBE

Djeskain H, spécialiste en sociométrie ( méthode qui observe non seulement les relations individuelles des membres d’un même groupe à partir d’analyses quantitatives et mais aussi qualitatives, par exemple sur le plan alimentaire, logement, etc), est formel : les Kinois dans leur majorité, manquent cruellement de qualité de vie. Que cela concerne l’habitat, le transport, la scolarisation, les soins de santé : tout est d’une qualité médiocre.

Dans ses observations qu’il a communiquées à notre rédaction, notre expert se contente seulement de constater. Car, fait-il observe, il ne lui appartient pas de donner des pistes de solutions pour résoudre ce problème de qualité de vie inférieure qui incombe plutôt aux instances dirigeantes qui, depuis des décennies, nous ressassent les oreilles avec l’amélioration du social.

Se référant particulièrement à ce que mangent les Kinois, Djeskain H ne peut en tout cas pas taire son horreur. Comment comprendre que des gens dits civilisés et qui se vantent de leur qualité de citadins (par rapport aux « mbokatiers » comme ils désignent tous ceux qui viennent de l’intérieur) puissent se complaire dans des « malewa » voisins des décharges publiques, ne se lavent pas les mains avant et après ce repas sommaire ?

Mais, ce qui encore plus, démontre la mauvaise alimentation des Kinois, c’est le contenu de leurs poubelles quand ils en possèdent. Notre sociométre qui n’a rien laissé au hasard, a arpenté au cours de plus d’un an, plusieurs communes de Kinshasa, épiant le contenu des poubelles ou des détritus versés à même la rue. Il a constaté que l’inventaire de ces déchets domestiques constitue un véritable indicateur de la pauvreté du Kinois. Selon les calculs concoctés au fil de ses observations, parmi ces déchets, on retrouve 60% des restes de feuilles de manioc, « matembele » et « ndunda », 25% sont constitués d’arrêtes de « mpiodi », d’os rongés à l’extrême des « makoso » et autres volailles, le reste étant des cadavres de demi-boîtes de tomates, des bouteilles plastiques et autres résidus non identifiables.

En tout cas, ce n’est pas demain la veille que les Kinois atteindront la société de consommation, car ils ont encore du mal à remplir correctement leurs panses. A quand donc l’amélioration du social des Kinois en particulier et des Congolais en général ? Mais qui va donc répondre à cette interrogation ?

Kalume L. DUK

A voir le degré d’insalubrité observée sur une place publique très fréquentée comme le Rond-point Victoire, on a l’impression que le Bourgmestre et ses nombreux Conseillers sont dépassés et emportés par d’autres préoccupations que l’entretien de ce site touristique qui abrite les monuments des artistes et de Luambo Makiadi. Un site devenu le carrefour de toutes les destinations de la ville et raffolé par les étrangers en séjour à Kinshasa qui y admirent l’ambiance by night.

Malheureusement pour eux quand ils s’y pointent pendant la journée, ils sont sidérés par l’état d’insalubrité, à commencer par les caniveaux remplis d’ordures de toutes sortes et curés une fois tous les six mois. Pendant que des sachets, bouteilles en plastique, tiges de brochettes, emballages de chikwange (manioc en forme de pain) tapissent le sol.

BOUTIQUES

Dans cette commune réputée pour ses boutiques de luxe (habillement, bijouterie…), ses hôtels, restaurants, églises, écoles de renom), il n’existe pas d’agents nettoyeurs de rue. Non que ce type de personnel n’existe pas mais la commune ne dispose d’aucun projet pour engager les jeunes spécialisés dans la rapine, la prostitution et tant d’autres cas de banditisme tolérés dans cet environnement atypique.

ACTION CITOYENNE

Il y a quelques mois, la LUCHA (mouvement citoyen) avait, avec banderoles à l’appui, mené une action étouffée dans l’œuf par crainte d’une consommation extérieure, mais à la place la commune ne fait rien de durable pour donner à cette place son éclat comme d’autres sites que nous visitons à l’étranger (Tour Eiffel, Mandela Square, Atomium…).

C’est une question de culture, dira-t-on mais qui doit prêcher par l’exemple si ce n’est le Bourgmestre et son équipe.

KIMPWANZA

Le même constat peut être fait à quelques kilomètres de là au rond-point Kimpwanza où est érigé le monument du premier Président de la République Joseph Kasa-Vubu, père de l’indépendance et symbole de l’intégrité dans la gestion des affaires publiques.

Ce site débroussaillé, il y a quelques mois à l’occasion de l’anniversaire de sa mort le 24 mars, a vu son enclos détruit pendant que le pavé n’est pas entretenu des mois. Dans cette commune qui porte le nom de l’illustre disparu, il y a le siège des partis qui se reconnaissent de son idéologie, la maison communale, des nombreuses boutiques de vente des pièces de rechange, des marchés, … mais comment dans cet environnement personne, ni le Bourgmestre, ni ses partisans de l’Abako ne prend conscience pour veiller sur l’entretien de ce site.

CRATERES

A ce niveau même, deux « cratères » de plus de deux mètres de diamètres se sont déclarés de part et d’autre du rond-point provoquant des ralentissements des véhicules sur les avenues Victoire et Assosa très fréquentées aux heures de pointe.

Tous les intellectuels, hommes d’affaires, religieux… passent par cet endroit sans qu’un patriote ne s’arrête pour inviter les Chinois à venir réparer non seulement la route mais surtout l’enclos du monument. Car pour les Congolais, l’entretien de ce site n’est pas une priorité.

Mais à quelques encablures de ces deux sites, l’Udps et ses dirigeants ont démontré qu’il était possible de nettoyer le stade des Martyrs pour le revêtir d’une nouvelle robe. Cette opération a coûté des millions de dollars mais elle a valu la peine car des Chefs d’Etat se sont déplacés pour le visiter.

NEGLIGEANCE

Pourquoi alors négliger le monument de Joseph Kasa-Vubu alors que des processions annuelles sont organisées devant le mausolée du Palais de la Nation et à l’Echangeur de Limete pour honorer deux dignes fils du pays : Patrice Emery Lumumba et Laurent-Désiré Kabila ?

Messieurs les Bourgmestres, les ronds-points Victoire et Kimpwanza n’appartiennent pas seulement aux Congolais pour les accommoder de l’insalubrité ; des étrangers y passent et prennent des photos.

A Kasa-Vubu, la symbolique du nom et du monument de l’ancien Chef de l’Etat ne suffit-il pas pour que le Bourgmestre en fasse un sanctuaire car il y passe matin et soir sans y apporter un coup de brosse. Faut-il attendre la rétrocession pour des opérations aussi simples destinées à faire rayonner la commune ?

La gestion à la congolaise marche-t-elle avec l’insalubrité quand nous construisons des flats et salles de fête au standard international mais faisons dormir nos héros dans l’insalubrité ? Dossier à suivre.

MOTA SETI

A voir le degré d’insalubrité observée sur une place publique très fréquentée comme le Rond-point Victoire, on a l’impression que le Bourgmestre et ses nombreux Conseillers sont dépassés et emportés par d’autres préoccupations que l’entretien de ce site touristique qui abrite les monuments des artistes et de Luambo Makiadi. Un site devenu le carrefour de toutes les destinations de la ville et raffolé par les étrangers en séjour à Kinshasa qui y admirent l’ambiance by night.

Malheureusement pour eux quand ils s’y pointent pendant la journée, ils sont sidérés par l’état d’insalubrité, à commencer par les caniveaux remplis d’ordures de toutes sortes et curés une fois tous les six mois. Pendant que des sachets, bouteilles en plastique, tiges de brochettes, emballages de chikwange (manioc en forme de pain) tapissent le sol.

BOUTIQUES

Dans cette commune réputée pour ses boutiques de luxe (habillement, bijouterie…), ses hôtels, restaurants, églises, écoles de renom), il n’existe pas d’agents nettoyeurs de rue. Non que ce type de personnel n’existe pas mais la commune ne dispose d’aucun projet pour engager les jeunes spécialisés dans la rapine, la prostitution et tant d’autres cas de banditisme tolérés dans cet environnement atypique.

ACTION CITOYENNE

Il y a quelques mois, la LUCHA (mouvement citoyen) avait, avec banderoles à l’appui, mené une action étouffée dans l’œuf par crainte d’une consommation extérieure, mais à la place la commune ne fait rien de durable pour donner à cette place son éclat comme d’autres sites que nous visitons à l’étranger (Tour Eiffel, Mandela Square, Atomium…).

C’est une question de culture, dira-t-on mais qui doit prêcher par l’exemple si ce n’est le Bourgmestre et son équipe.

KIMPWANZA

Le même constat peut être fait à quelques kilomètres de là au rond-point Kimpwanza où est érigé le monument du premier Président de la République Joseph Kasa-Vubu, père de l’indépendance et symbole de l’intégrité dans la gestion des affaires publiques.

Ce site débroussaillé, il y a quelques mois à l’occasion de l’anniversaire de sa mort le 24 mars, a vu son enclos détruit pendant que le pavé n’est pas entretenu des mois. Dans cette commune qui porte le nom de l’illustre disparu, il y a le siège des partis qui se reconnaissent de son idéologie, la maison communale, des nombreuses boutiques de vente des pièces de rechange, des marchés, … mais comment dans cet environnement personne, ni le Bourgmestre, ni ses partisans de l’Abako ne prend conscience pour veiller sur l’entretien de ce site.

CRATERES

A ce niveau même, deux « cratères » de plus de deux mètres de diamètres se sont déclarés de part et d’autre du rond-point provoquant des ralentissements des véhicules sur les avenues Victoire et Assosa très fréquentées aux heures de pointe.

Tous les intellectuels, hommes d’affaires, religieux… passent par cet endroit sans qu’un patriote ne s’arrête pour inviter les Chinois à venir réparer non seulement la route mais surtout l’enclos du monument. Car pour les Congolais, l’entretien de ce site n’est pas une priorité.

Mais à quelques encablures de ces deux sites, l’Udps et ses dirigeants ont démontré qu’il était possible de nettoyer le stade des Martyrs pour le revêtir d’une nouvelle robe. Cette opération a coûté des millions de dollars mais elle a valu la peine car des Chefs d’Etat se sont déplacés pour le visiter.

NEGLIGEANCE

Pourquoi alors négliger le monument de Joseph Kasa-Vubu alors que des processions annuelles sont organisées devant le mausolée du Palais de la Nation et à l’Echangeur de Limete pour honorer deux dignes fils du pays : Patrice Emery Lumumba et Laurent-Désiré Kabila ?

Messieurs les Bourgmestres, les ronds-points Victoire et Kimpwanza n’appartiennent pas seulement aux Congolais pour les accommoder de l’insalubrité ; des étrangers y passent et prennent des photos.

A Kasa-Vubu, la symbolique du nom et du monument de l’ancien Chef de l’Etat ne suffit-il pas pour que le Bourgmestre en fasse un sanctuaire car il y passe matin et soir sans y apporter un coup de brosse. Faut-il attendre la rétrocession pour des opérations aussi simples destinées à faire rayonner la commune ?

La gestion à la congolaise marche-t-elle avec l’insalubrité quand nous construisons des flats et salles de fête au standard international mais faisons dormir nos héros dans l’insalubrité ? Dossier à suivre.

MOTA SETI

On pouvait s’attendre à tout, sauf à voir l’ancien Rais congolais manquer de manière fracassante aux obsèques du père de son allié du moment.

Que s’est – il passé entre les deux hommes pour que ce moment, irrécupérable à tout point de vue, puisse passer comme un fait divers ?

Les Congolais et le monde entier s’interrogent, sans qu’une ébauche de réponse satisfaisante ne soit formulée.  Jusqu’à présent, l’incident reste couvert par un voile de mystère épais.

Le FCC dont on a vu toute la garde rappliquer au stade des Martyrs, n’a donné aucune explication sur la situation. Ce qui n’a fait que grossir le mystère.

Comprendre

Les Congolais cherchent à comprendre parce que ce qui s’est passé entre le patron du FCC et celui du CACH n’est pas bon signe. Dans une Afrique où la mort et les morts sont sacrés, rien ne saurait justifier la grande absence de Kabila, sinon une inimitié irréductible engageant des générations entières des deux clans.

Que l’on sache, jusqu’à la nomination d’Ilunga Ilunkamba comme candidat premier ministre de la famille kabiliste, il ne s’est passé aucun incident de nature à provoquer une rupture radicale entre le président sortant et son successeur.

Sans précédent

Des bribes recoupées avec beaucoup de peine, il ressort que du côté Kabila, l’on n’a pas obtenu toutes les garanties selon lesquelles le deuil ne serait pas transformé en haut – lieu public de règlements des comptes contre l’Autorité morale du FCC.

Et justement, le test grandeur – nature opéré au stade des martyrs où l’UDPS a une énième fois démontré son incapacité à maitriser ses troupes, a donné raison au numéro un du FCC qui a émis de sérieuses réserves sur son déplacement.

La manière désinvolte dont les Néhémie, Mabunda et autres ont été tournés en dérision, laisse entrevoir ce qui se serait passé si l’homme du 26 janvier 2001 s’était rendu au stade des Martyrs. Après un semblant d’ovation, il aurait essuyé une humiliation sans précédent.

Pardon

Au cours d’un échange informel entre le FCC et son allié concernant les garanties sur le déplacement de Kabila, le sérail tshisekediste s’est montré étonnamment évasif sur la question. Donnant clairement l’impression de ne pas trop apprécier la visite de consolation de leur allié.

De manière claire, Fatshi a refusé de donner la moindre garantie sur la gestion des entgenre de choses, surtout pour une circonstance aussi délicate que l’enterrement de feu Etienne Tshisekedi.

A qui la faute entre les deux camps ? La même sagesse africaine qui nous contraint au respect des morts, interdit formellement de transformer un deuil en un lieu de règlements des comptes.

Ceux qui se livrent à ce jeu malsain prennent  la double responsabilité d’abord de la profanation de la mémoire du disparu, ensuite jettent les ponts de la rupture sociale.

Qu’est – ce qu’un voisin viendrait faire à un deuil que les concernés ont décidé de désacraliser ?

Et question à un franc congolais : Félix Tshisekedi est – il parvenu à pardonner à Kabila pour tout ce qui s’est passé autour du rapatriement du corps du leader Maximo sous le mandat de celui – ci ?

MAGG MIKOMBE

Apparemment, la province du Kongo-Central et ses habitants s'effacent petit à petit de l'histoire socioéconomique de la République démocratique du Congo.

En examinant la réalité, le peuple Ne-kongo est en train de subir une injustice dans le  fonctionnement du pays. Et, comme si cela ne suffisait pas, une nouvelle assourdissante si cela se confirme, c'est la relégation de la province du Kongo Central au niveau de celles non productives du pays. En termes de recettes budgétisées.

Ainsi, la construction du pont-route-rail Kinshasa-Brazzaville priverait à la province les recettes qui étaient  générée par le trafic des marchandises qui entrent par les ports de Boma et de Matadi.

Les autorités du pouvoir exécutif savent bien que le pays ne compte que  deux provinces qui participent activement  au budget de l'Etat. L'ex -Katanga dans son ensemble, la première des provinces, suivi du Kongo Central, éternel deuxième.

Avec la construction envisagée du pont-rail Kinshasa-Brazzaville que les autorités veulent concrétiser , cela signifierait concrètement que la place de deuxième position du Kongo Central du point de vue budgétaire risque d'être perdue.  En effet, si ce pont devient une réalité, cela signifiera d'office que les recettes générées par le port de Matadi, seront gommées du budget national.

Il faut noter que sur la plan politique, les élites Ne Kongo ne se retrouvent nulle part dans des postes clés du pays. La primature est entre les mains des Katangais, l'Assemblée Nationale dans celles des Bangala. Il ne reste plus que le Sénat que les Kivutiens guignent. Et les Ne Kongo de se demander, au nom d’une certaine géopolitique, si les autorités politiques pourraient attribuer ce poste au Kongo Central.

Les nostalgiques de la géopolitique vont plus loin en invoquant même le partage inéquitable dans les entreprises publiques. Ils rappellent que la Société nationale d’électricité, gérée depuis de nombreuses années par un Ne Kongo, est désormais passée entre les mains d’un ressortissant du Bandundu. C’est à se demander s’il y a un complot qui couve contre le peuple Ne Kongo.  

Aussi, devant tous ces faits, les notables Ne Kongo crient à une injustice totale. Ils tiennent à rappeler aux autorités que cette hypocrisie de reconnaître les mérites et la valeur des personnalités comme Mfumu Kimbangu ou Ndona Kimpa Vita pour ne citer que ces deux, devrait cesser si elles doivent continuer à rouler dans la farine toute l’élite Ne Kongo.

Micha Kisalasala

Tout s’est bien passé le 24 janvier 2019. Devant le monde entier en émoi, les Congolais ont rendu possible la première alternance pacifique et civilisée dans la région des Grands Lacs africains.

Deux hommes, tout en hauteur et pleins de mérites, Kabila Kabange et Félix Tshisekedi se sont surpassés et ont offert à la planète et aux Congolais un évènement riche en couleurs et qui fera longtemps date dans les annales de l’histoire.

Bourbier du passé

Il s’agit de la première alternance politique que le pays a vécue depuis son accession à l’indépendance.

Mais dans le sillage de cette alternance, la RDC court un grave danger. Le même que celui qui a pris au piège la génération des pères de l’indépendance.

En effet, dans la fièvre des préparatifs de notre indépendance, tous les leaders congolais avaient négligé, mieux dédaigné la table – ronde économique organisée à Bruxelles avant le 30 juin.

Nous obtenions ainsi notre indépendance politique, la seule qui intéressait les politiciens, mais au contenu vide, c’est-à-dire, sans indépendance sur le plan économique.

Piège sans fin

Les congolais se sont contentés de récupérer un pays dont ils ne maitrisaient rien sur le plan économique. Or, l’un des objectifs de la Table–ronde économique était de faire un état des lieux complet de la situation économique du Congo. De connaitre avec précision, ce qui devait revenir au pays, ce qui devait continuer à être cogéré et pour combien de temps et tout le reste.

Pour s’être pratiquement moqué de cette exigence pourtant vitale, les Congolais se sont retrouvés avec un pays qui ne leur appartenait pas économiquement. Les Belges ayant tout verrouillé et gardé pour eux les meilleurs morceaux.

Que vaut une indépendance politique sans celle économique ? Elle ne vaut absolument rien car, l’adage est formel sur ce point : « Dis-moi quelle économie tu as, je te dirai quelle sera la qualité de ta politique ».

Nous avons donc hérité cette tare originelle comme une malédiction qui a plombé notre développement de longues années durant.

Ayant vite compris que nous nous trouvions dans un piège implacable, Mobutu tenta de corriger le faux de nos prédécesseurs. Il instaura la zaïrianisation, cette vaste entreprise d’expropriation des sujets belges au profit des Congolais.

Sans cadre ni base juridique, cette entreprise tourna court et pris rapidement les allures d’une arnaque.

Le Congo ne s’est jamais remis de son erreur originelle.

Pour une fois

Alors que la première alternance politique du pays a eu lieu, tout le monde a trouvé satisfaction et s’est remis à ronfler, exactement comme la génération de 1960. Le fait politique ayant plus de séduction pour notre société.

Pourtant, l’urgence, après la prise de pouvoir de Tshisekedi, était de corriger notre péché originel. Acte sans lequel il serait illusoire de rêver de développement.

Il faut impérativement une table-ronde économique en RDC. C’est l’interpellation que lance au Chef de l’Etat des compatriotes qui refusent de voir tout un peuple foncer droit dans le mur.

Dans les yeux

Cette table-ronde sera l’occasion de revisiter tous les pans et les fondements juridiques qui soutiennent le fonctionnement de notre système économique. Cette rencontre devra mettre, d’un côté, l’Etat propriétaire des richesses nationales et de l’autre, les opérateurs économiques du pays, détenteur des moyens pour mettre en valeur ces richesses.

Les deux parties devront se regarder droit dans les yeux et établir de nouvelles règles de jeu profitables et avantageuses pour toutes les parties.

Autant l’Etat devra renoncer, par un guide officiel, au banditisme et à la tracasserie dans les affaires, autant les investisseurs doivent s’engager à la transparence et au strict respect des règles établies.

Se contenter de la seule alternance politique reviendrait à conduire le pays droit dans la fosse. Nous avons raté le coche en 1960, il ne faudrait pas que cela nous arrive encore en ce moment historique que connait le pays.

Car, la table-ronde réclamée avec cri n’a rien à voir avec ces fantaisies souvent observées au pays où des copains se réunissent entre eux pour nuire à leurs concurrents.

Non, il va s’agir d’une rencontre d’envergure à la fois nationale et internationale, comme le suggère le communicologue Godet Mezo, qui va permettre au Congo de donner un nouveau contour et contenu à son économie.

La balle est donc dans le camp du président Fatshi qui était scandalisé par le fait que les minerais sont traités au Congo à 99 pour cent et sont obligés d’être expédiés en Europe juste pour le 1 pour cent de finition. Et comme par enchantement, c’est celui qui produit le 1 pour cent du travail qui impose le prix et la grille de rétribution.

Le nouvel homme fort du Congo s’était engagé à corriger cette injustice. Le Président de la République doit savoir qu’il est impossible d’y parvenir sans table-ronde économique.

M.MIK

Le FCC et le CACH sont finalement tombés d'accord après la nomination du Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, qui a la lourde charge de conduire la politique gouvernementale conformément à la vision du Chef de l'Etat.

Après une longue attente, la population soulagée attend du nouveau Premier ministre des actions concrètes dans le sens de l'amélioration du social et de la sécurité du Congolais. Un challenge que le Gouvernement ne saurait remporter sans l'appui de toute la communauté nationale grâce à une vision partagée.

C'est ainsi que pour se démarquer de ses prédécesseurs enfermés dans des tours d'ivoire une fois à la Primature, le Premier ministre est appelé à être proche des populations pour palper du doigt leurs réalités et les amener à s'impliquer activement dans les réformes indispensables pour accélérer le changement au pays.

Ilunga Ilunkamba doit se démarquer de ses prédécesseurs en s'illustrant par des actes plutôt que l'exhibitionnisme. Cortège, honneurs, motions de soutien… ne suffisent pas pour changer la physionomie du Congo. En homme averti, il ne manquera pas de puiser dans son long parcours politique et professionnel marqué par quatre pouvoirs différents pour mieux pénétrer les problèmes des populations rencontrées tant dans les auditoires des universités, dans les entreprises que dans les institutions.

Son expérience dans les arcannes du pouvoir lui permet de prendre le recul nécessaire pour mieux diagnostiquer la crise socio-économique et y apporter des solutions idoines.

En effet, ce qu'on demande aux dirigeants, c'est simplement de servir le peuple en veillant non seulement sur la croissance économique mais surtout sur la bonne redistribution des ressources nationales de manière à permettre au dernier des citoyens de bénéficier des services publics et de contribuer à l'édification de l'économie.

Une équation que les acteurs politiques ne parviennent jusque-là à résoudre rejetant la responsabilité aux Occidentaux, au pouvoir en place, sans reconnaître leurs limites. Ilunga Ilunkamba considéré comme proche de l'Autorité morale du FCC est-il l'homme de la situation pour ramener le sourire aux lèvres des Congolais ?

MOTA SETI

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